Serap Dogansoy
23 Juin 2026•Mise à jour: 23 Juin 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Oman a annoncé ce mardi la mise en place d'un dispositif exceptionnel de gestion du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, malgré la réouverture annoncée de cette voie stratégique pour le commerce mondial à la suite de l'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran.
Dans un avis de navigation adressé aux autorités maritimes régionales, le Bureau hydrographique national omanais indique que le sultanat agit en coordination avec l'Organisation maritime internationale (OMI) afin d'assurer la liberté de navigation dans le détroit sans imposer de péage, conformément au droit international et aux engagements pris après les négociations américano-iraniennes.
Des routes habituelles jugées insuffisamment sûres
Le document précise toutefois que le système de séparation du trafic maritime (TSS), utilisé en temps normal pour organiser la circulation des navires dans le détroit, n'est actuellement "pas sûr" à utiliser.
Face aux risques de collision et aux contraintes de sécurité persistantes, l'OMI et les autorités omanaises ont établi un plan d'évacuation progressive du trafic maritime reposant sur des groupes de navires autorisés à quitter la zone selon un calendrier déterminé.
Les bâtiments concernés seront contactés individuellement et dirigés vers une zone d'attente située dans les eaux internationales avant de recevoir leur autorisation de transit.
Deux corridors temporaires
Selon cet avis, deux routes maritimes provisoires ont été définies de part et d'autre du dispositif habituel de circulation, l'une au nord et l'autre au sud du détroit. Les itinéraires autorisés pour le transit vers l'est ont été communiqués aux opérateurs maritimes.
Les autorités précisent également que le trafic pourra être suspendu temporairement pour des raisons de sécurité ou afin de coordonner les mouvements avec les bâtiments militaires présents dans la région.
Une surveillance internationale
L'OMI doit publier quotidiennement le nombre de navires ayant quitté la région en sécurité, tandis que les armateurs demeurent responsables de leurs propres évaluations des risques avant tout transit.
Le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et Oman, constitue l'un des principaux points de passage du commerce mondial des hydrocarbures. Sa réouverture avait été annoncée dans le cadre de l'accord conclu ce mois-ci entre Washington et Téhéran, après plusieurs semaines de tensions militaires ayant perturbé la navigation dans la zone.