Yosra Ouanes
31 Mars 2022•Mise à jour: 31 Mars 2022
AA / Tunis
Le président du Parlement tunisien dissous, Rached Ghannouchi, a annoncé jeudi que la brigade antiterroriste avait convoqué plus de 30 députés, sans en expliquer les raisons.
C'est ce qui ressort de l'entretien de Ghannouchi avec la chaîne d'information Al Jazeera, sans confirmation ni démenti des autorités tunisiennes, à ce sujet, jusqu'à (1h50 GMT).
Ghannouchi a déclaré que la convocation de plus de 30 députés par la brigade antiterroriste (affiliée au ministère de l'Intérieur) "est une affaire dangereuse", exprimant son rejet de la décision de dissoudre le Parlement.
"Non à l'exclusion de l'autre. Nous appelons à un dialogue national qui inclut toutes les parties", a-t-il indiqué.
Ghannouchi n'a pas donné plus de détails sur la convocation et les raisons de celle-ci, alors qu'il n'y a pas eu de commentaire immédiat de la part des autorités tunisiennes.
Mercredi, le Parlement avait adopté, lors d'une séance plénière virtuelle, une loi annulant les procédures exceptionnelles de Saïed annoncées le 25 juillet, notamment la suspension du Parlement, la promulgation de lois avec des décrets présidentiels et la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature.
Quelques heures plus tard, Saïed a annoncé la dissolution du Parlement "afin de préserver l'État et ses institutions", considérant que la réunion du parlement et ce qui en est ressorti était une "tentative de coup d'État ratée", selon un discours télévisé.
Les forces politiques et sociales rejettent les mesures exceptionnelles de Saïed et les considèrent comme un "coup d'État contre la Constitution", tandis que d'autres forces les soutiennent et les voient comme "un redressement du processus de la révolution de 2011" qui a renversé le Président Zine El Abidine Ben Ali.
Saïed, qui a entamé un mandat présidentiel de 5 ans en 2019, a déclaré que ses mesures "s'inscrivent dans le cadre de la Constitution pour protéger l'État d'un danger imminent", et a souligné que les libertés et les droits ne doivent pas être violés.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi