Ikrame Imane Kouachi
18 Juillet 2025•Mise à jour: 19 Juillet 2025
AA / Jérusalem – Ankara / Abderaouf Arnaout et Ikram Kouachi
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a cédé à la pression du président américain Donald Trump en publiant vendredi une déclaration officielle en anglais exprimant ses « profonds regrets » après le bombardement de l’église catholique de la Sainte Famille à Gaza survenu la veille.
Cette déclaration intervient après un échange téléphonique jeudi soir entre Trump et Netanyahu, au cours duquel le président américain a fait part de sa « vive insatisfaction » et a demandé à Netanyahu de clarifier qu’il s’agissait d’une erreur israélienne.
En effet, la Maison Blanche a confirmé que Trump avait exigé des explications formelles de la part d’Israël.
Pour rappel, jeudi, une frappe aérienne israélienne a touché le complexe de l’église de la Sainte Famille à l’est de Gaza, faisant trois morts et neuf blessés, parmi lesquels le prêtre Gabriel Romanelli.
Le Patriarcat latin de Jérusalem a confirmé les pertes humaines et a condamné l’attaque dans un communiqué public.
Dans sa déclaration, Netanyahu a affirmé qu’« Israël regrette profondément qu’un tir égaré ait atteint l’église de la Sainte Famille à Gaza ».
Il a ajouté qu’une enquête était en cours sur l’incident et a assuré que Tel-Aviv restait « engagé à protéger les civils et les lieux saints ».
L’armée israélienne a indiqué que les premières investigations suggèrent qu’un éclat d’obus tiré dans la zone aurait atteint l’église. Elle a précisé que « l’origine exacte de l’incident fait toujours l’objet d’un examen approfondi ».
Vendredi, une délégation chrétienne de haut niveau est entrée dans la bande de Gaza, conduite par le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, et le patriarche Theophilos III de l’Église orthodoxe grecque.
La délégation s’est rendue sur place pour présenter ses condoléances, exprimer sa solidarité et appeler à « un cessez-le-feu immédiat, global et durable », selon un communiqué du Patriarcat latin.
L’église de la Sainte Famille est le troisième site chrétien majeur à être visé par les forces israéliennes depuis le début de la guerre. Des frappes précédentes avaient déjà touché l’église Saint-Phorphyre et l’église Baptiste de Gaza.
Ignorant les appels internationaux à un cessez-le-feu, l’armée israélienne mène une offensive d’une extrême violence sur la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023, ayant déjà tué près de 59 000 Palestiniens, en majorité des femmes et des enfants. Les bombardements incessants ont ravagé l’enclave, provoquant des pénuries alimentaires et la propagation de maladies.
En novembre dernier, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à Gaza.
Israël fait également l’objet d’une procédure pour génocide devant la Cour internationale de Justice (CIJ) en lien avec sa guerre contre l’enclave palestinienne.
* Traduit de l'Anglais par Adama Bamba