Ümit Dönmez
28 Janvier 2025•Mise à jour: 30 Janvier 2025
AA / Paris / Ümit Dönmez
François Bayrou a défendu, mardi 28 janvier, son utilisation de l'expression "sentiment de submersion migratoire", déclenchant une vive controverse dans le paysage politique français. Interpellé par des députés à l'Assemblée nationale, le Premier ministre français a maintenu que ces mots étaient "adaptés aux réalités", particulièrement à Mayotte, département en première ligne face à une forte immigration.
Le locataire de Matignon a expliqué que sa déclaration, prononcée lundi soir sur LCI, visait à décrire une situation spécifique, celle de Mayotte. "Ce ne sont pas les mots qui sont choquants, ce sont les réalités", a-t-il affirmé, tout en ajoutant qu'il n'avait "de connivences avec personne", en réponse aux critiques l'accusant de reprendre la rhétorique de l'extrême droite.
Ses propos ont cependant suscité les applaudissements des députés du Rassemblement national (RN), consolidant la perception d’un rapprochement idéologique entre une partie du gouvernement et de l'extrême droite.
Le débat s’est rapidement étendu. La gauche a exprimé son indignation face à ces termes, estimant qu'ils alimentent un discours anxiogène et stigmatisant. François Ruffin, député insoumis, a accusé la majorité présidentielle de "glisser dans les bras de Le Pen".
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a pour sa part confié son malaise sur BFMTV, tout en insistant sur l’importance de réguler l’immigration sans adopter un vocabulaire aussi polémique.
De leur côté, les cadres du RN se sont félicités pour ce qu'ils perçoivent comme une victoire de leurs idées dans le débat public. Sébastien Chenu, porte-parole du parti, a affirmé que "la bataille idéologique sur l’immigration" était gagnée. Marine Le Pen, quant à elle, a reproché à François Bayrou des paroles dénuées d’actions concrètes.