Ümit Dönmez
06 Décembre 2022•Mise à jour: 07 Décembre 2022
AA / Paris / Ümit Dönmez
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé, ce lundi, qu'elle a été mise en examen par le juge d’instruction en charge du dossier de la nouvelle formule du Levothyrox.
Par voie de communiqué, l'ANSM a précisé qu'elle est inculpée de « tromperie », après le changement de formule de ce traitement conçu pour lutter contre les problèmes de thyroïde.
Cette mise en examen survient cinq semaines après celle de la filiale française du laboratoire pharmaceutique allemand Merck, fabricant du Levothyrox, pour « tromperie aggravée ».
L'affaire repose sur la nouvelle composition de ce médicament qui a commencé à être vendu en France en 2017 en utilisant le même principe actif, la lévothyroxine, mais en incluant également de nouveaux excipients permettant d’améliorer sa conservation ou d'en modifier le goût.
Une action collective en justice avait été lancée en septembre 2021 à l'encontre de l'ANSM par 1100 plaignants l'accusant de « défaut de vigilance » et « défaut d’anticipation ».
Ces derniers, ainsi que de nombreux autres patients, se plaignaient notamment d'effets secondaires provoqués par le médicament utilisé quotidiennement par 2,5 millions de Français, notamment des crampes, maux de tête, vertiges ou perte de cheveux.
Une enquête pénale avait été ouverte à Marseille en 2018 contre la filiale des laboratoires Merck.
En 2017, l’ANSM avait estimé que les effets indésirables du médicament étaient dus à « un déséquilibre thyroïdien » qui aurait été causé par le changement de traitement et non par sa nouvelle formule du Levothyrox.
En 2018, l'ANSM avait confirmé « la bonne qualité de la nouvelle formule » et en 2019, l'agence avait mené une étude sur deux millions de patients qui l'avait mené à conclure que le passage à la nouvelle formule n’avait pas engendré de « problèmes de santé graves ».
Dans son communiqué publié lundi, l’ANSM déclare qu'elle "n’a jamais nié les difficultés rencontrées par certains patients au moment du passage à la nouvelle formule du Levothyrox" et qu'elle "se préoccupe de manière constante et quotidienne de la sécurité et de la santé des patients".
L’ANSM apportera sa pleine contribution à la manifestation de la vérité, mais conteste fermement les reproches formés à son encontre, car aucune infraction pénale n’a été commise, estime cette dernière.