Hatem Kattou
26 Juillet 2017•Mise à jour: 27 Juillet 2017
AA/Paris
La France a rendu hommage mercredi au père Jacques Hamel, égorgé par deux terroristes le 26 juillet 2016 dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen (Sainte- Maritime, Nord), douze jours après l’attentat de Nice.
Le président français Emmanuel Macron, accompagné de son Premier ministre Édouard Philippe ainsi que du ministre de l’intérieur Gérard Collomb, a assisté à la commémoration en l’honneur du père Jacques Hamel (85 ans) assassiné il y a un an jour pour jour.
L’office a débuté par un long silence à 9h ce mercredi matin, heure à laquelle, il y a un an, le père Hamel célébrait la messe devant cinq personnes.
L’archevêque de Rouen, Dominique Lebrun a tenu, après la cérémonie religieuse, à rappeler que : «La haine n'a pas triomphé et elle ne triomphera pas». «Le père Hamel parlait le langage de l'amour», a-t-il assuré. Il a également remercié de leur présence les représentants normands du Conseil français du Culte musulman (CFCM), alors que la mosquée Yahia jouxte l'église.
À l’issue de la cérémonie religieuse, le président de la République Emmanuel Macron a révélé, accompagnée de la soeur du père Hamel, une «stèle républicaine pour la paix et la fraternité» avant de prononcer un discours d’une quinzaine de minutes devant les quelques 300 personnes venues assister à la commémoration.
"La République n'a pas à combattre une religion, ni à vouloir se substituer à elle. Elle oeuvre chaque jour à ce que chacun puisse croire ou pas, dans l'intensité et l'intimité de sa foi, en homme libre", a déclaré le chef de l'Etat français devant le parvis de l’Église, après avoir insisté sur le "pardon" des catholiques.
"Mais chaque religion (...) a à mener sa part de combat pour que jamais la haine, le repli, la réduction de ce que nous sommes ne puissent triompher" a-t-il ajouté.
Les assassins du père Jacques Hamel ont "échoué" à "exacerber la peur des Français" et "la soif de représailles", a par ailleurs affirmé le président français.
La solidarité exprimée après cet attentat terroriste a rappelé "à tous les Français que la République n'est pas le règne du relativisme", a déclaré le chef de l'Etat lors de cette cérémonie d'hommage.
"Au cœur de nos lois et de nos codes forgés par l'Histoire, il est une part qui ne se négocie pas, une part sur laquelle on ne porte pas la main, une part, j'ose le mot, sacrée. Cette part, c'est la vie d'autrui", a-t-il conclu.