Ümit Dönmez
21 Mars 2023•Mise à jour: 21 Mars 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
La Défenseure des droits a exprimé, ce mardi, sa "préoccupation" concernant les interpellations préventives survenues au cours des derniers jours en France, au cours des mobilisations contre la réforme des retraites.
Par voie d'un communiqué, Claire Hédon a "alert[é] sur les conséquences d’interpellations préventives de personnes aux abords des manifestations" et "souligne que cette pratique peut induire un risque de recourir à des mesures privatives de liberté de manière disproportionnée et de favoriser les tensions".
La Défenseure des droits s'est dite "préoccupée par les vidéos circulant sur les réseaux sociaux, de nombreux articles […], témoignages et saisines reçus par l’institution sur de possibles manquements déontologiques dans le maintien de l’ordre au cours des évènements des jours derniers".
Cette dernière a tenu à rappeler "les règles de déontologie dans le maintien de l’ordre", soulignant "que le respect des règles de déontologie est essentiel pour apaiser les tensions et favoriser la confiance entre la police et la population".
Claire Hédon a notamment cité l'usage d'une force "nécessaire proportionnée", "le respect des libertés individuelles" dont celle de manifester, ainsi que la nécessité de prévoir "systématiquement un point de sortie" pour les rassemblements.
Enfin, la Défenseure des droits s'est déclarée "inquiète des témoignages dont elle est destinataire" et qu'elle "restera vigilante quant à la bonne application des règles de déontologie par les forces de sécurité".
Quelque 287 personnes, dont 234 à Paris, ont été interpellées lundi soir en France, selon la police, lors de la cinquième soirée consécutive de manifestations spontanées contre l’usage de l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter la réforme contestée des retraites.
Selon le dernier bilan rendu public par le parquet de Paris, 425 personnes ont été placées en garde à vue lors des manifestations spontanées survenues entre jeudi et samedi, alors que seules 52 d'entre elle ont fait l’objet de poursuites à l’issue de leurs gardes à vue.
Pour sa part, le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a annoncé mardi 21 mars, l'ouverture d'une enquête interne à la suite de la diffusion d'une vidéo montrant un policier asséner un coup de poing à un manifestant. Il a également affirmé qu'il n'y avait "pas d'interpellations injustifiées" à Paris.
Plusieurs vidéos attestant du recours des forces de l'ordre à la violence ont été diffusées au cours des derniers jours sur les réseaux sociaux, notamment par le compte Twitter "Violences policières".