Feiza Ben Mohamed
13 Octobre 2022•Mise à jour: 13 Octobre 2022
AA / Nice / Feïza Ben Mohamed
La cour de révision et de réexamen française a rejeté la demande de nouveau procès formulée par Omar Raddad, selon une information rapportée jeudi par la presse française.
La justice a, en effet, considéré que les nouveaux ADN identifiés sur les scellés ne peuvent pas être datés, et ne constituent donc pas un élément suffisant pour obtenir un nouveau procès.
Citée par France Info, Maître Sylvie Noachovitch, avocate du jardinier marocain, s’est dite « scandalisée par cette décision qui ne respecte pas la loi de 2014 qui permet la révision en cas de simple doute ».
Considérant l’affaire comme « l’une des plus grandes erreurs judiciaires du 21e siècle », l’avocate a précisé qu’elle allait désormais se tourner vers la Cour européenne des droits de l'Homme, pour faire innocenter son client.
À noter que la justice avait accepté, en décembre dernier, de rouvrir le dossier d’Omar Raddad à la lumière d’ADN, retrouvés sur l’inscription « Omar m’a tueR » et dont aucun n’appartient à Omar Raddad.
C’est à la lumière de cette pièce à conviction que ce dernier a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son ancienne patronne en 1991 à Mougins (Alpes-Maritimes), sur la base des inscriptions retrouvées sur les lieux du crime et qui le désignaient nommément.
Après sept années passées en prison, il avait pu bénéficier d’une grâce présidentielle partielle octroyée par Jacques Chirac après l’intervention directe du roi du Maroc, Hassan II.
Il dénonce, depuis toujours, une erreur judiciaire et espérait être définitivement blanchi aux yeux de la justice française, qui l’a condamné en dépit des nombreuses incohérences contenues dans le dossier.
« Il y a cent ans, on condamnait un officier qui avait le tort d'être juif, aujourd'hui on condamne un jardinier parce qu'il a le tort d'être maghrébin », avait déclaré son ancien avocat Maître Jacques Vergès en 1994.