Feiza Ben Mohamed
10 Octobre 2020•Mise à jour: 10 Octobre 2020
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
La libération de l’ancienne otage française Sophie Pétronin, détenue depuis près de quatre ans au Mali, a suscité de vives réactions en France notamment dans les rangs de l’extrême droite qui lui reproche ses choix de vie.
Dans ses premières déclarations à la presse internationale, l’humanitaire de 75 ans a fait savoir qu’elle avait la ferme intention de retourner au Mali et qu’elle était convertie à l’Islam.
« Pour le Mali, je vais prier, implorer les bénédictions et la miséricorde d'Allah, car maintenant je suis musulmane. Vous dites Sophie mais c’est Maryam que vous avez devant vous » a-t-elle assuré.
Une information qui n’a pas manqué de déchaîner l’extrême-droite française, à l’image notamment de Damien Lefèvre, membre du groupuscule Génération Identitaire, qui est allé jusqu’à demander le renvoi de Sophie Pétronin aux mains de ses ravisseurs.
Même son de cloche du côté de la cheffe de file du Rassemblement National, Marine Le Pen, qui estime pour sa part que l’accord qui a mené à la libération de l’otage française, et qui prévoyait en contre-partie la libération de détenus terroristes, n’aurait jamais dû avoir lieu.
Sur le réseau social Twitter, tout au long de la journée, des milliers d’internautes ont accusé Sophie Pétronin d’être frappée par le syndrome de Stockholm, du fait de sa conversion à l’Islam.
Parmi eux, on retrouve, comme souvent en matière d’islamophobie, le cadre du Rassemblement National Jean Messiha, d’origine égyptienne.
« Syndrome de Stockholm » a-t-il tout simplement tweeté avant d’affirmer qu’il « y en a assez de ces comportements irresponsables de gens, humanitaires ou touristes, qui partent dans des zones à risques ».
Pour rappel, Sophie Pétronin a été enlevée à Gao (Nord) en décembre 2016 par un groupe armée avant d’apparaître sept mois plus tard dans une vidéo publiée par Al-Qaïda au Maghreb Islamique.
Elle a été libérée jeudi aux côtés de l’opposant malien Soumaïla Cissé, et deux Italiens, le père Pier Luigi Maccalli et Nicola Chiacchio.