Bilal Müftüoğlu
01 Novembre 2016•Mise à jour: 02 Novembre 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
"Il n'y aura pas de réinstallation" dans le camp de migrants de Calais (nord), surnommé la "Jungle", après son démantèlement qui est sur le point de prendre fin, a assuré mardi le président français François Hollande.
Dans une interview au quotidien local La Voix du Nord, le président français a fait le bilan de l'opération de démantèlement du plus grand camp de migrants du pays, qui a démarré la semaine dernière, et la mise à l'abri de ses milliers de habitants dans des centres d'accueil et d'orientation (CAO) dans toute la France.
"C’est une opération qui a été conduite de manière humaine et digne, mais aussi efficace et ferme. Plus de 5 000 migrants ont été évacués de Calais et accueillis dans 450 centres d’accueil et d’orientation que le gouvernement a mis en place sur l’ensemble du territoire. Depuis le mois d’octobre 2015 ce sont donc 13 000 migrants qui auront été orientés à partir de Calais vers des CAO", a-t-il ainsi estimé.
Affirmant sa solidarité avec les habitants de Calais, le chef de l'Etat français a soutenu que la zone est désormais "évacuée" et sera bientôt "sécurisée" pour que personne ne puisse s'y réinstaller.
Aucun migrant n'a fait intrusion sur la rocade portuaire, point de passage traditionnel avant le tunnel qui relie la France à la Grande-Bretagne, depuis lundi dernier, a tenu à rappeler à cet égard le président français.
Interrogé par la suite sur le cas des mineurs, qui sont toujours à Calais, en attente de traitement de leur dossier pour une éventuelle admission au Royaume-Uni, Hollande a assené qu'il n'y aurait plus de mineurs bloqués dans la région "dans les prochains jours".
"Ces mineurs vont être accompagnés dans des centres dédiés, où des officiels britanniques pourront examiner leurs cas. Ceux qui ne partiraient pas seront pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance à travers tout le territoire", a-t-il ainsi noté.
L'accueil des mineurs non-éligibles à l'asile au Royaume-Uni sera assumé par l'Etat français, pour que "cette charge nouvelle ne pèse pas sur les conseils départementaux", a encore fait savoir Hollande.
Le président français a par ailleurs appelé les autorités britanniques à "aller le plus loin possible dans l’application de leurs critères" d'accueil des migrants, notamment au-delà du cas des mineurs.
"La France aura accueilli plus de 13 000 migrants relevant du statut de réfugiés depuis Calais en moins d’un an. Il est donc logique que le Royaume-Uni assume sa part de cet effort pour les mineurs qui disent avoir des liens familiaux avec l’Angleterre, mais également pour tous ceux dont c’est l’intérêt supérieur, comme le prescrit la loi britannique", a-t-il indiqué.