Yusuf Özcan,Ayvaz Çolakoğlu
17 Avril 2019•Mise à jour: 17 Avril 2019
AA - Paris - Ayvaz Colakoglu
Le mouvement des Gilets jaunes, qui rentre dans son 6ème mois, est à l'origine un mouvement social spontané de protestation contre la hausse de la taxe sur les produits énergétiques (TICPE) qui s'est transformé en rejet de la politique du président français, Emmanuel Macron.
Les Gilets Jaunes battent les pavés des principales villes de France depuis plusieurs semaines sans interruption et dénoncent la politique du président Macron.
Emmanuel Macron a été obligé de reporter, lundi, son allocution télévisée très attendue où il devait apporter des réponses à la crise des "gilets jaunes", en raison de l'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris.
La plupart des Gilets Jaunes ne pensent pas que les annonces du président seront les convaincre.
Ne parvenant pas à apporter une réponse aux attentes des Gilets Jaunes et ainsi mettre un terme au mouvement, le gouvernement a choisi, en réponse aux violences commises lors des manifestations, d'interdire l'accès aux principales artères des grandes villes du pays.
C'est la manifestation du 16 mars 2019 sur l'avenue des Champs-Elysées qui ont poussé les autorités à prendre de telles mesures.
En effet, lors de cette manifestation, des policiers ont été caillassés, des barricades ont été érigées et incendiées, de nombreux magasins et restaurants de l'avenue ont été vandalisés et pillés.
Les forces de l'ordre avaient procédé à l'interpellation de 192 mis en causes, alors que 42 personnes, dont 17 policiers, ont été blessées dans les échauffourées.
Rien que pour cette journée de manifestation sur les Champs-Elysées, le montant des dégâts occasionnés s'était élevé à plus de 200 millions d'euros.
Depuis, les magasins et restaurants situés sur le trajet d'une manifestation sont priés de garder les leurs volets fermés.
- Un arsenal répressif contre les manifestants avec la loi dite "anti-casseurs".
Cette nouvelle loi permet aux préfets d’ordonner des interdictions administratives de manifester à l’encontre des personnes représentant “une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public”, de fouiller sacs et véhicules dans les manifestations et alentours, l’inscription de ces individus au fichier des personnes recherchées (FPR) ou encore de prononcer un délit de dissimulation volontaire du visage puni d'un an de prison et 15 mille euros d’amende.
Ceux qui, malgré l'interdiction prononcée contre eux, prennent place dans une manifestation risquent jusqu'à 6 mois d'emprisonnement et 7500 euros d'amende.
Les auteurs de "casses" au cours d'une manifestation seront, avec cette loi, tenus de rembourser les dommages causés.
Cette loi montre la volonté du gouvernement de durcir le ton face au mouvement des Gilets jaunes.
-11 personnes mortes depuis le début de la crise.
Le mouvement des Gilets Jaunes se poursuit depuis le 17 novembre 2018.
Selon les chiffres officiels du gouvernement, 11 personnes sont mortes et plus de 2000 autres blessées au cours des manifestations, tandis que plus 8400 individus ont été placés en garde à vue et près de 2000 écroués.
Pour sa part, le site internet d'information Mediapart a partagé un bilan des victimes au terme des 5 mois de manifestations des Gilets Jaunes. Il y est précisé, la nature des blessures comme les 21 personnes éborgnées et les 5 personnes à la main arrachée.