Ümit Dönmez
31 Mai 2023•Mise à jour: 31 Mai 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
Deux articles de la proposition de loi d'abrogation de la réforme des retraites ont été adoptés, ce mercredi, par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, après que cette proposition de loi a été vidée de sa substance.
Ces articles portaient essentiellement sur le financement de l'abrogation de la réforme, par l'augmentation des taxes sur le tabac.
Ce mercredi matin, par 38 voix contre 34, la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale a décidé de supprimer l’article 1 de la proposition de loi sur l'abrogation de la réforme des retraites portée par le groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT). Cet article constituait la principale proposition du projet de loi et visait à revenir à un âge légal de départ à la retraite à 62 ans, suite à la promulgation, le 15 avril, par le Président français Emmanuel Macron, de la réforme des retraites portant l'âge de départ minimum à 64 ans.
Suite à cette décision de la commission des affaires sociales, les députés de l'opposition ont déposé plus de 2 000 sous-amendements, afin d'empêcher la validation de cette suppression par la commission. La présidente de la commission, Fadila Khattabi, a dénoncé "une volonté d’obstruction vraiment flagrante" et a réuni en urgence le bureau de la commission.
En vertu de l’article 41 du règlement de l’Assemblée nationale, qui stipule que le bureau "a tous pouvoirs pour régler les délibérations", ce dernier a décidé de ne pas examiner les sous-amendements déposés, suscitant la colère des élus d'opposition, notamment des députés LFI.
Les députés de gauche ont, ensuite, manifesté devant l'Assemblée nationale contre ce qu'ils ont qualifié de "manœuvres des macronistes" visant à empêcher le vote de l'ensemble des députés, en réunion plénière de l'Assemblée, sur la proposition de la loi d'abrogation de la réforme des retraites, prévue le 8 juin prochain.
"Rassemblement devant l'Assemblée nationale contre le coup de force des macronistes ! Ils veulent nous empêcher de voter à tout prix sur l'abrogation de la réforme des retraites !", a dénoncé sur Twitter la députée LFI, Clémentine Guetté.
Sur Twitter, le député LFI Alexis Corbière a déclaré que "les macronistes, alliés à la droite trichent, truquent, tripatouillent en Commission Affaires sociales pour empêcher l'ensemble des députés de voter le 8 juin, contre la retraite à 64 ans. Ils savent qu'ils seraient alors minoritaires dans l'hémicycle", a-t-il affirmé.