Seda Sevencan
04 Février 2025•Mise à jour: 04 Février 2025
AA / Ankara / Muhammed Emin Canik
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a exprimé mardi ses inquiétudes quant aux agissements potentiels du gouvernement de Benjamin Netanyahu après la libération de prisonniers israéliens.
Le chef de la diplomatie turque recevait, mardi, son homologue égyptien Badr Abdel Ati, à Ankara.
Les deux ministres ont tenu une conférence de presse conjointe à l'issue de leur entretien.
Hakan Fidan est d'abord revenu sur la situation à Gaza alors qu'un cessez-le-feu est entré en vigueur le 19 janvier dernier.
Il a profité de l'occasion pour remercier les autorités égyptiennes pour leurs efforts, aux côtés du Qatar notamment, en faveur du cessez-le-feu.
"Dimanche, j’ai eu une réunion à Doha avec des membres du Bureau politique du Hamas. La partie du Hamas n’hésite pas à respecter les termes de l’accord de cessez-le-feu, a-t-il partagé.
Cependant, il y a des points d'interrogation dans le monde entier sur la façon dont le gouvernement Netanyahu se comportera après la libération des prisonniers israéliens".
Le ministre turc a, dans ce sens, exhorté la communauté internationale à adopter une position commune pour "empêcher Netanyahu de recommencer le génocide à des fins politiques".
Le ministre a également exprimé sa forte opposition à tout effort visant à expulser les Palestiniens de leur patrie, faisant référence à la proposition du président américain Trump.
"Nous sommes opposés à toute initiative qui viserait à expulser les Palestiniens de leur patrie", a-t-il soutenu.
Par ailleurs, Fidan a annoncé que 15 Palestiniens, qui avaient été libérés des prisons israéliennes à condition de quitter définitivement la Palestine, sont arrivés en Türkiye après avoir obtenu un visa auprès de l'ambassade de Türkiye au Caire, en Egypte.
Concernant les développements en Syrie après la chute de Bachar al-Assad et du régime baasiste, le ministre turc a voulu rappeler l'importance de libérer la Syrie de l'emprise des organisations terroristes, en particuler du PKK/YPG et de Daech.
"Une occasion historique a été saisie pour que la Syrie devienne un pays normal. Dans une telle période, il est nécessaire de mener une lutte commune contre les organisations terroristes", a-t-il dit.
Et de poursuivre pour conclure : "À cette fin, nous pensons que les pays voisins de la Syrie peuvent travailler ensemble contre Daech. Notre travail dans cette direction se poursuit. Nous continuerons à soutenir la lutte du gouvernement syrien contre le terrorisme."
- L'Egypte opposée au déplacement des Palestiniens
De son côté, le ministre égyptien, Badr Abdel Ati, s'est aussi exprimé contre les déclarations du président américain Donald Trump en faveur de l'expulsion des Palestiniens en-dehors de Gaza.
"[Avec le ministre Fidan] nous avons exprimé notre opposition à toute initiative visant à renvoyer les Palestiniens en-dehors de leurs propres terres", a-t-il partagé.
Abdel Ati a souligné l’importance de la solution à deux États et a attiré l’attention sur l’importance de la création d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale dans les frontières de 1967.
"Nous avons également exprimé notre opposition à toute ingérence dans les droits du peuple palestinien. Nous avons dit que tous les développements unilatéraux, les tentatives de colonisation et les raids militaires dans les territoires palestiniens occupés doivent cesser", a-t-il déclaré.
"Nous avons souligné l’importance du soutien turc à tous les efforts qui seront déployés dans la période à venir concernant la reconstruction de Gaza", a-t-il souligné, ajoutant pour conclure que l’Égypte avait l’intention d’organiser une conférence internationale à cet égard.
* Traduit du turc par Tuncay Çakmak