Michael Gabriel Hernandez
29 Avril 2024•Mise à jour: 30 Avril 2024
AA / Washington / Michael Hernandez
L'Université de Columbia ne répondra pas à l'une des principales demandes des manifestants pro-palestiniens qui devraient 'se disperser volontairement' suite à l'échec des pourparlers, a déclaré lundi la présidente Minouche Shafik.
Shafik a déclaré que depuis mercredi, un 'petit groupe de responsables académiques' a entamé un 'dialogue constructif' avec les organisateurs de la manifestation 'pour trouver une voie qui aboutirait au démantèlement du campement et au respect de la politique de l'université à l'avenir'.
"L'objectif de l'université lors de ces discussions était de trouver une solution concertée avec les manifestants, qui aboutirait au retrait ordonné du campement de la pelouse. Il a également été demandé aux étudiants de s'engager à l'avenir à respecter les règles de l'université, y compris celles relatives à l'heure, au lieu et à la manière de manifester et d'organiser des événements", a-t-elle écrit.
"L'université ne désinvestira pas d'Israël, mais elle a proposé de mettre en place un calendrier accéléré pour l'examen des nouvelles propositions des étudiants par le Comité consultatif pour l'investissement socialement responsable, l'organe chargé d'examiner les questions de désinvestissement", a-t-elle ajouté.
Shafik a demandé aux manifestants de lever volontairement le camp, faisant vaguement allusion à des consultations avec "un groupe plus large" afin d'examiner "d'autres options internes pour mettre fin à cette crise le plus rapidement possible".
Les délibérations internes de l'université restent floues, mais le groupe militant Students for Justice in Palestine, représenté par la section locale de Columbia, a fait circuler une copie d'une lettre censée avoir été envoyée aux occupants du campement par les administrateurs, les menaçant d'une série de sanctions si les étudiants ne quittent pas les lieux avant 14 heures, heure locale.
Les sanctions potentielles peuvent inclure une mise à l'épreuve, des restrictions d'accès, une suspension prolongée voire une expulsion, selon la lettre, que le groupe a postée sur Twitter.
Il est demandé aux étudiants de quitter le campement avant la date limite et de signer une lettre de "règlement alternatif " dans laquelle ils acceptent de "s'engager dans les procédures disciplinaires de l'université et de respecter toutes les sanctions pour un règlement complet de toutes les violations présumées en cours ou à venir."
La présidente de l'établissement a déclaré que les manifestations ont "créé un environnement peu accueillant pour un grand nombre de nos étudiants et professeurs juifs", et que "des intervenants extérieurs ont contribué à créer un environnement hostile en violation du Titre VI, en particulier autour de nos portes, qui n'est pas sécurisé pour tout le monde - y compris pour nos voisins".
Le Titre VI de la Loi sur les droits civiques (Civil Rights Act) de 1964 fait partie de la législation américaine qui interdit la discrimination fondée sur la race, la couleur de peau et l'origine nationale.
Shafik a fait l'objet de pressions, tant de la part de la gauche que de la droite, pour sévir plus sévèrement contre les manifestations. Une lettre de plus de 20 représentants démocrates a déclaré qu'il était "grand temps pour l'université d'agir de manière décisive, de démanteler le campement et d'assurer la sécurité de tous ses étudiants".
"Le temps des négociations est révolu ; il est temps d'agir. C'est au conseil d'administration qu'il incombe d'agir. Si certains administrateurs ne sont pas disposés à le faire, ils doivent démissionner afin d'être remplacés par des personnes qui respecteront les obligations légales de l'université conformément au Titre VI", ont-ils ajouté.
Mais la décision prise par Shafik, le 18 avril, de faire intervenir la police pour démanteler par la force un premier campement et arrêter les manifestants qui organisaient un sit-in, a servi de catalyseur à l'ensemble du mouvement de protestation. Elle a enhardi les manifestants, et les campements se sont depuis étendus aux universités de tout le pays, défiant les arrestations et les menaces des administrateurs d'université.
Des centaines d'étudiants ont été arrêtés sur des campus à travers le pays lors de manifestations exigeant que les universités se désinvestissent d'Israël et condamnent la guerre en cours contre la Bande de Gaza assiégée, où plus de 34 400 personnes ont été tuées. La grande majorité des morts étant des femmes et des enfants.
Des journalistes, des universitaires et des militants palestiniens ont également été victimes du même sort.
Israël a également pris pour cible les établissements d'enseignement supérieur de la Bande de Gaza, et détruit les 12 principales universités du territoire. L'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a fait état de destructions massives dans le vaste réseau d'écoles qu'elle gère dans l'enclave côtière assiégée.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj