Mariem Njeh
20 Avril 2026•Mise à jour: 20 Avril 2026
AA / Istanbul / Mariem Njeh
Le fondateur et directeur général de Telegram, Pavel Durov, a critiqué la justice française, accusant Paris de se servir des poursuites pénales comme d'un outil de répression de la liberté d'expression et de la vie privée, alors que le ministère américain de la Justice a refusé d'apporter son concours à l'enquête française visant le réseau social américain X, selon le Wall Street Journal.
« La France de Macron perd sa légitimité en instrumentalisant les enquêtes pénales pour réprimer la liberté d'expression et la vie privée », a écrit lundi Pavel Durov sur X, affirmant de son côté que Washington aurait justifié ce refus en qualifiant la procédure de « politiquement motivée ».
Indépendance du parquet contestée
Sur la question de l'indépendance du parquet, Durov va plus loin qu'une simple mise en cause conjoncturelle : il conteste la structure même du système judiciaire français, citant le mode de nomination et de révocation des magistrats du parquet.
« Le bureau du procureur français affirme être indépendant, mais c'est inexact : les procureurs français sont recrutés, révoqués et promus par le gouvernement », a-t-il écrit, ajoutant que « la police judiciaire, qui fournit souvent des rapports trompeurs aux juges d'instruction, est également sous contrôle gouvernemental ».
Le parquet de Paris avait affirmé que l'enquête était conduite « en toute indépendance, dans le respect du principe de séparation des pouvoirs ».
Le fondateur de Telegram a estimé que « dans la France de Macron, faire l'objet d'une enquête est la nouvelle Légion d'honneur ».
Cette prise de position intervient dans le contexte de la convocation d'Elon Musk, propriétaire de X, par le parquet de Paris dans le cadre d'une enquête ouverte en janvier 2025, portant notamment sur des soupçons de diffusion de contenus pédopornographiques, de création de « deepfakes » à caractère sexuel et d'atteintes au fonctionnement de systèmes informatiques. L'ancienne directrice générale de la plateforme, Linda Yaccarino, est également convoquée le 24 avril.
Selon le Wall Street Journal, le ministère américain de la Justice a informé les autorités françaises qu'il ne faciliterait pas leurs investigations visant X, à la suite d'une perquisition menée début février dans les locaux parisiens de la plateforme.
Elon Musk avait de son côté dénoncé sur X une « attaque politique », estimant que la procédure visait à restreindre la liberté d'expression. La convocation s'effectue sous le régime d'une audition libre, procédure n'impliquant pas de contrainte judiciaire, et la présence de Musk reste incertaine. Le parquet a précisé que son absence ne ferait pas obstacle à la poursuite de la procédure.