Monde

Détroit d'Ormuz : des centaines de pétroliers s'accumulent des deux côtés

- L'UKMTO avait relevé au niveau « critique » le risque sécuritaire dans le détroit d'Ormuz, après des attaques confirmées contre plusieurs navires commerciaux dans le Golfe d'Oman et les eaux territoriales des Émirats arabes unis

Nuran Erkul Kaya  | 02.03.2026 - Mıse À Jour : 02.03.2026
Détroit d'Ormuz : des centaines de pétroliers s'accumulent des deux côtés

London, City of

AA / Londres / Nuran Erkul Kaya

Alors que le risque sécuritaire a atteint son niveau le plus élevé dans le détroit d'Ormuz, le transit des pétroliers est quasiment à l'arrêt, tandis que plus de 700 pétroliers se sont accumulés des deux côtés du détroit.

Le détroit d'Ormuz, à l'entrée du Golfe Persique, relie la production de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) du Moyen-Orient aux marchés mondiaux via la mer d'Oman et l'océan Indien.

Ce passage stratégique, par lequel transitent 20% de la consommation mondiale journalière de pétrole (environ 20 millions de barils), achemine des quantités importantes de pétrole et de produits pétroliers en provenance notamment d'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, d'Irak, du Koweït et d'Iran. Une grande partie de ces expéditions est destinée aux pays asiatiques tels que la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud.

À la suite des frappes lancées par les États-Unis et Israël contre l'Iran ce week-end, le détroit d'Ormuz s'est de facto fermé. Les compagnies d'assurance ayant augmenté leurs coûts en raison du risque élevé, les opérateurs de navires ont suspendu leurs passages par le détroit.

Selon l'analyse de la société d'analyse de données en temps réel Kpler, 15 pétroliers transportant 21 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers ont traversé le détroit d'Ormuz le 27 février. Les passages sont montés à 18 navires transportant 21,6 millions de barils le 28 février.

Cependant, avec la montée des tensions dans la région, seuls 3 pétroliers ont traversé le détroit d'Ormuz le 1er mars, transportant 2,8 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers. L'un de ces pétroliers transportait environ 2 millions de barils de pétrole brut.

Le volume quotidien moyen de pétrole brut et de produits pétroliers transportés par le détroit d'Ormuz depuis le début de cette année s'est établi à 19,8 millions de barils. Ainsi, les exportations pétrolières par le détroit ont chuté brutalement de 86% le 1er mars par rapport à la moyenne quotidienne.

Cette baisse indique qu'une première impulsion s'est formée pour décharger les cargaisons avant que les risques n'augmentent, puis que les passages se sont arrêtés avec la dégradation des conditions.

À ce jour, 706 pétroliers non iraniens se sont amassés des deux côtés du détroit d'Ormuz. Au total, 334 pétroliers de pétrole brut, 109 pétroliers de produits pétroliers sales et 263 pétroliers de produits pétroliers propres sont en attente à différents points dans le Golfe du Moyen-Orient (à l'ouest du détroit), le Golfe d'Oman (à l'est du détroit) et la mer d'Arabie.

Même si le chargement des pétroliers se poursuit à l'intérieur du Golfe, des retards dans les arrivées et une hausse des coûts de transport sont attendus en raison de la diminution des sorties vers l'est et de l'attente prolongée des cargaisons pour traverser le détroit.

Même si le chargement se poursuit à l'intérieur du Golfe, la diminution des sorties vers l'est pourrait entraîner des retards dans les arrivées et une augmentation des coûts de transport, les cargaisons et le tonnage devant attendre plus longtemps pour franchir ce goulot d'étranglement.

- Développements dans le détroit d'Ormuz

À la suite de l'attaque conjointe lancée fin février par les États-Unis et Israël contre l'Iran, des allégations ont émergé selon lesquelles les Gardiens de la révolution iraniens auraient transmis aux navires devant emprunter le détroit d'Ormuz le message suivant : « Aucun navire n'est autorisé à passer. »

Malgré les allégations selon lesquelles ces messages auraient été transmis aux équipages des navires opérant dans le Golfe Persique via des émissions sur le canal VHF 16, le canal d'appel international, aucune déclaration officielle n'a été faite par les autorités concernant la fermeture du détroit d'Ormuz. Les médias iraniens avaient quant à eux affirmé que le détroit d'Ormuz était de facto fermé.

Alors que certains porte-conteneurs ont été observés faisant demi-tour pour éviter le détroit d'Ormuz, les principales compagnies mondiales de transport de conteneurs avaient suspendu leurs passages par le détroit en raison des risques sécuritaires croissants dans la région.

L'Organisation maritime commerciale du Royaume-Uni (UKMTO) avait annoncé hier que le niveau de sécurité maritime pour le détroit d'Ormuz avait été porté au niveau de risque le plus élevé, soit le niveau « critique », après la confirmation d'attaques contre plusieurs navires commerciaux dans le Golfe d'Oman, près de Musandam et dans les eaux territoriales des Émirats arabes unis ce week-end.

* Traduit du turc par Mariem Njeh

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.