AA / Gaza
Les factions palestiniennes de la bande de Gaza ont appelé, mardi, l'Autorité palestinienne à revenir sur sa décision de reprendre ses relations avec Israël et de parvenir à la réconciliation nationale.
C'est ce qui ressort d'une rencontre tenue par le mouvement Hamas, dans la ville de Gaza, ayant pour thème "Développements de la scène nationale".
La rencontre a réuni des représentants de plusieurs factions palestiniennes, à l'exception du Mouvement de libération nationale palestinien Fatah, dirigé par le Président Mahmoud Abbas.
Le 17 novembre, l'Autorité palestinienne avait annoncé la reprise de la coordination sécuritaire, la relance des relations et des négociations avec Israël.
Khalil al-Hayya, dirigeant du mouvement Hamas, a déclaré que la reprise des relations a retardé la réconciliation nationale, mais ne l'a pas fait échouer.
Et d'ajouter dans de son discours prononcé lors de cette réunion, que cette décision stratégique vise à créer une unité nationale, sur la base d'une coopération et d’une action nationale avec tous les Palestiniens, pour relancer la plus grande action nationale unifiée.
Le mouvement Fatah a déclaré le 25 novembre que les dialogues de réconciliation palestiniens "n'avaient pas abouti" en raison de désaccords avec le Hamas sur les dates des élections.
Les 16 et 17 du mois dernier, des réunions ont eu lieu au Caire entre les délégations du Fatah et du Hamas, pour entériner les efforts de réconciliation palestiniens.
"Nous avons proposé à Fatah, d'organiser des élections du Conseil national, du Conseil législatif et la présidentielle en simultanée et avons appelé le Hamas à s'engager de ne pas les perturber et à y participer, soit à travers des listes individuelles ou avec l'ensemble du pays", a-t-il dit, tout en appelant le mouvement de Fatah à "reconsidérer la proposition du Hamas".
De son côté, Khaled Al-Batsh, dirigeant du mouvement palestinien du Jihad islamique, a appelé l'Autorité palestinienne à "revenir sur cette décision visant à rétablir les relations avec l'ennemi".
"L'unité et la collaboration nationale commencent par la reconstruction de l'Organisation de libération de la Palestine, comme référence pour une décision nationale, afin d'assurer la participation de tous à la décision et d'affronter l'ennemi", a-t-il expliqué.
Il a souligné l'importance de l'accord des mouvements du Fatah et du Hamas pour parvenir à tenir les élections simultanément, afin d'assurer "la sécurité de l'étape à venir", a-t-il dit.
Al-Batsh a, ainsi, mis en garde contre les menaces de l'Autorité palestinienne autour des sanctions dans la bande Gaza et ses habitants.
"Le peuple de Gaza paiera-t-il le prix de l'échec de chaque réunion de réconciliation entre les deux mouvements?", a-t-il indiqué.
L’Autorité palestinienne à Ramallah n’a publié aucune déclaration ou décision à ce sujet.
Al-Batsh a appelé les dirigeants palestiniens à améliorer le système de santé actuel à Gaza, pour faire face à la pandémie du coronavirus.
Pour sa part, Jamil Mezher, dirigeant au Front populaire de libération de la Palestine, a qualifié le rétablissement des relations entre l'Autorité et Israël comme étant un "coup dur aux efforts de réconciliation".
"Nous réaffirmons notre attachement à l'unité comme un choix stratégique indispensable, et nous soulignons la mise en œuvre des résultats des rounds de réconciliation et de la réunion des secrétaires généraux des factions", a-t-il souligné.
Il a affirmé que "les dangers auxquels fait face la cause palestinienne", exige la mise en place d'un plan national pour lutter contre le plan israélien d'annexion des terres en Cisjordanie occupée et à leurs agressions.
À son tour, Ayed Yaghi, chef du Mouvement l'Initiative nationale à Gaza, a exprimé le rejet du "retour des relations entre l’Autorité et Israël".
Il a souligné la nécessité d'un "accord entre tous les Palestiniens sur une stratégie nationale et la formation d'une gouvernance unifiée".
"Il est important de définir un plan de développement pour renforcer la fermeté du peuple palestinien", a-t-il conclu.
*Traduit de l'arabe par Hajer Cherni