Hafawa Rebhi
23 Septembre 2017•Mise à jour: 23 Septembre 2017
AA / Istanbul / Tasnim Nakhili
Des centaines de membres de la communauté syrienne dans la ville turque d'Istanbul ont assisté samedi aux funérailles de l’opposante syrienne Ourouba Barakat et de sa fille Halla, dont les corps sans vie ont été retrouvés la veille par la police turque dans leur appartement à Istanbul.
Le cortège funèbre est parti depuis la mosquée Fatih, en présence de représentants de la coalition d'opposition syrienne.
Après la prière funéraire, les participants ont scandé des slogans condamnant le meurtre de la jeune journaliste et de sa mère ; mortes « en martyres pour la patrie ».
Chaza Barakat, la sœur de l'opposante syrienne, Ourouba Barakat, a déclaré: « Aussi grands et chers nos sacrifices soient-ils, nous poursuivrons les objectifs de notre révolution, ces objectifs pour lesquels Ourouba a payé de sa vie ».
Maan Barakat, le frère d’Ourouba, a déclaré que le régime criminel ciblait ses adversaires tout en menant la belle vie dans le palais présidentiel appartenant au peuple syrien. Pour lui, « sa sœur et sa nièce sont l’âme même de la révolution, elles ont vécu pour et par la révolution et sont mortes en martyres pour cette cause ».
«Si le régime croit qu'il nous dissuade d’accomplir notre révolution, il est dans l’erreur. Ourouba voulait mourir en martyre, en défendant la patrie», a-t-il ajouté.
Plus tôt, Chaza Barakat a décrit l'incident comme un « assassinat », accusant le régime syrien de le perpétrer.
« Nous pleurons la mort de notre sœur, la combattante féroce, qui a été pourchassée depuis les années 1980 par le régime Baath, qui l'a finalement abattu dans un pays étranger », a écrit Chaza sur sa page Facebook.
Hier soir, le Département d'Etat des États-Unis a condamné le meurtre d'Ourouba et de Halla Barakat et indiqué, dans une déclaration de la porte-parole du Département d'Etat américain, Heather Nauert, qu'il « surveillerait de près les enquêtes ».
Le Département d'Etat américain a noté que « Halla a travaillé comme journaliste pour Orient News (chaîne de l’opposition syrienne), tandis que sa mère courageuse (Ourouba) a produit des reportages sur les pratiques du régime syrien ».
La police turque a trouvé vendredi les corps de l'opposante syrienne Ourouba Barakat, 60 ans, et de sa fille journaliste de 22 ans, Halla, dans leur appartement dans le quartier d’Uskudar, dans la partie asiatique d'Istanbul.
Des enquêtes initiales ont montré que le meurtre a été commis avec un couteau. L’assassin a utilisé des détergents et de la chaux pour dissimuler l’odeur de leurs corps.