Kasım İleri,Saida Charafeddine
12 Octobre 2015•Mise à jour: 13 Octobre 2015
AA/Washington/ Kasım İleri
Le programme américain destiné à «former et équiper» l’opposition syrienne n’a pas marché, a affirmé le président des Etats-Unis, Barack Obama, lors d’un entretien diffusé dimanche soir par la chaîne de télévision américaine CBS
Obama a fait part de ses doutes sur l’idée de former cinq mille combattants pour lutter contre Daech en Syrie, mais affirme s’être senti contraint de tester ce plan.
«J’ai été sceptique à l'idée que nous allions effectivement former cette armée par procuration à l'intérieur de la Syrie» a-t-il déclaré au journaliste de CBS, Steve Kroft.
«Mon objectif a été de tenter de tester la proposition. Pouvons-nous ... former et équiper une opposition modérée prête à se battre contre Daech? Ce que nous avons appris, c’est que tant qu’al-Assad est au pouvoir, il est très difficile de maintenir l’attention de ces gens focalisée sur Daech» a déclaré Obama.
Le président américain, qui s’exprimait à la Maison Blanche, a ajouté: «Il n'y a pas de doute que cela n'a pas fonctionné. Et l'un des défis auquel j’ai dû faire face, dans cette situation déchirante, en Syrie, c’est que des gens insistent sur le fait que tout ce que vous avez à faire, c’est d’envoyer quelques chargements d’armes et d’hommes prêts à se battre».
L'entretien a été réalisé alors que la situation militaire en Syrie a été rendue plus difficile avec les frappes aériennes menées par les forces russes sur le terrain.
Le Pentagone avait annoncé, la semaine dernière, la suspension du programme américain d’entrainement et d’équipement des rebelles syriens destiné à les aider à combattre l’organisation terroriste Daech.
Qualifiant le conflit syrien de «problème difficile pour l'ensemble de la communauté internationale», Obama a reconnu que les Etats-Unis se sont montrés incapables de «changer la dynamique à l'intérieur de la Syrie».
L’une des priorités de l'Amérique est de soutenir les groupes modérés pour inciter la Russie et l'Iran à faire pression sur al-Assad et pour l’amener à accepter le changement, a-t-il ajouté.
Interrogé sur le fait de savoir si les Etats-Unis avaient «jeté l'éponge», Obama a relevé «l’énorme» présence militaire au Moyen-Orient, soulignant que ce serait une mauvaise stratégie de faire des Etats unis «non seulement la police, mais le gouverneur de cette région».
Abordant la campagne de l'élection présidentielle de l'année prochaine, il a considéré que Donald Trump a peu de chances de devenir président des États-Unis, en dépit de sa position favorable, dans les rangs des candidats Républicains, dans les sondages d'opinion.
Le programme américain d’entrainement et d’équipement des rebelles syriens pour les aider à combattre l’organisation terroriste Daech sera suspendu, mais ne sera pas arrêté, avait cependant, annoncé, vendredi dernier, un responsable américain.
Le Congrès avait débloqué au début de l’année courante, la somme de 500 millions de dollars en faveur de ce programme.