Mohamed Hedi Abidellaoui
23 Février 2017•Mise à jour: 23 Février 2017
AA/ Cotonou (Bénin)/ Serge David Zouémé
Il avait un rêve. « A l’époque, je rêvais déjà de devenir un grand artiste », a-t-il confessé à Anadolu. Aujourd’hui, il scrute le temps, en composant ses mélodies. Entre Cotonou et Paris, il a entrepris un voyage qu’il n’a toujours pas achevé. Son credo de vie se résume ainsi : « Juste un peu d'amour dans le cœur des hommes changerait la surface de la terre en un vrai paradis ».
C’est bien lui : Michel Pinheiro. L’artiste-musicien, auteur-compositeur et arrangeur béninois vivant en France, se laisse découvrir, surfant sur son parcours impressionnant d’ancien chef d’orchestre de « Tiken Jah Fakoly », jusqu’à l’affirmation de sa carrière musicale. La cinquantaine, Pinheiro est Natif de Pobè dans le sud béninois. Cet artiste dans l’âme tente, depuis plusieurs années, de jouer avec succès sa partition aux côtés d’autres artistes africains réputés.
Au fil de son parcours, il a rencontré et côtoyé des célébrités africaines, de la trempe de Mamadou Doumbia (chanteur ivoirien), Nayanka Bell (artiste-auteure-compositrice) et Gadji Celi (ancien footballeur devenu chanteur célèbre).
Apprentissage accompli à la chorale de sa paroisse, le jeune artiste fait une rencontre décisive en 1996 avec le reggae man ivoirien Tiken Jah Fakoly. Grâce à cette icône ivoirienne il va pouvoir jouer en Côte d’Ivoire, pays de grandes ébullitions musicales en Afrique de l’Ouest. Là-bas, il se fait rapidement remarquer et intègre l’équipe de Mamadou Doumbia qu’il qualifie de « maître spirituel ».
Après 15 ans de collaboration fructueuse (1996 à 2011), Michel Pinheiro dit avoir joué un rôle déterminant aux côtés de Tiken. Promu chef d’orchestre du groupe musical du réputé artiste ivoirien, il y sert comme tromboniste, mais surtout comme choriste. Aussi bien déterminé que passionné, il prête sa voix à plusieurs chansons de l'artiste ivoirien, dont « Y’en a marre », « Stoppons les guerres, gardons la foi », « Ils ne nous respectent pas ».
« J’ai fait 15 ans avec Tiken, je pense que c’est beaucoup. Relever les défis dans ma vie et travailler en solo, était aussi pour moi un objectif à atteindre», se souvient-il. Depuis 2012, il s’est donc entièrement consacré à sa carrière d’artiste musicien. En 2014, il monte son groupe dénommé « African salsa orchestra ». L’année suivante, il part en tournée au pays de Georges Brassens et dans d’autres pays d’Europe. En 2016, son agenda était complet. Pour l’année en cours, il compte jouer dans différentes régions du monde, avec le même enthousiasme et la même passion qu'au tout début. « Mon style musical est la salsa. En tant que Yoruba (grand groupe ethnique d'Afrique présent au Bénin et en Côte d'Ivoire, entre autres) de culture, la salsa est bien notre patrimoine », se réjouit-il.
"Le rythme de la salsa est pour le Bénin ce qu’est le chocolat pour la Côte d’Ivoire", de l’avis de Pinheiro. « S’il n’y avait pas eu les chants vodoun (chants béninois sacrés et rythmés, ndlr) qui ont accompagné nos ancêtres esclaves dans les plantations à l’autre bout du monde, il n’y aura pas eu la salsa cubaine », affirme l’artiste.
Aujourd’hui qu’il est installé en France et après avoir fait ses preuves devant un grand public mélomane, l’artiste souhaite « pouvoir tenir le cap ». « Nous avons participé au plus grand festival de salsa en France et fait le Paris Jazz festival au mois de juillet 2016. On nous a chaleureusement accueillis et mes CD ont été très bien vendus. Je veux continuer à épater mon public sans le jamais le décevoir », dit l’artiste.
Pinheiro prépare, du reste, la sortie de son nouvel album "alliant créativité et enracinement culturel" pour 2017. « J’exploite beaucoup le patrimoine culturel béninois dans mes œuvres », se félicite encore l’artiste.