Esma Ben Said
31 Août 2017•Mise à jour: 31 Août 2017
AA/ Cotonou (Bénin)/ Serge David Zouémé
Comment choisir un mouton indemne pour fêter la Tabaski? Les autorités locales de la ville de Parakou (Nord du Bénin) ont trouvé la bonne formule, en mobilisant des vétérinaires sur les lieux de vente du bétail. Il s'agit d'une action dédiée aux fidèles musulmans afin de les sensibiliser sur la consommation de la viande et d'éviter les maladies et d’éventuels cas d’intoxication alimentaire.
« A travers cette initiative qui n’avait jamais existé par le passé, le maire et ses conseillers communaux veulent éviter à la population musulmane de Parakou toute maladie liée à la consommation des viandes des animaux atteints d'une maladie», a déclaré au correspondant d’Anadolu, une source de la mairie sous couvert d'anonymat.
Avant les festivités de la Tabaski, la mairie envisage d'envoyer dans les abattoirs, marchés et dans plusieurs quartiers de la ville, des agents de sensibilisation pour informer les marchands et la population sur les symptômes permettant de distinguer les animaux malades, notamment les moutons", a fait savoir la même source, précisant que « Des agents vétérinaires seront aussi mis à la disposition de la population afin qu'ils s'assurent de la santé des animaux mis en vente, et d’aider à choisir les bêtes bien portantes».
Nafissatou Akobi, fidèle musulmane, se réjouit de la décision des autorités municipales de la ville. « La décision de la mairie est salutaire. Nous avons vraiment besoin qu’on nous oriente dans le choix des bêtes à l’occasion de la Tabaski. Moi, je ne sais vraiment pas évaluer une bête avant d’acheter. Tout ce que je peux faire c'est de voir si l’animal ne traîne pas un handicap, donc mon appréciation est beaucoup plus superficielle», a-t-elle expliqué à Anadolu.
Selon Nayath, une autre musulmane de Parakou, il faut que les moyens accompagnent cette initiative de la mairie afin que les vétérinaires descendent sur le terrain. « Nous souhaitons que l’initiative soit répétée les années à venir pour assister les fidèles musulmans », a-t-elle dit au correspondant d’Anadolu.
Du côté de la mairie de Parakou, on s’engage à mettre les moyens nécessaires à la disposition des agents vétérinaires pour réussir leur mission. « La mairie a déjà évalué le budget de cette opération et les ressources sont fin prêtes pour le déploiement des agents vétérinaires », a précisé un fonctionnaire de la mairie de Parakou , joint par téléphone.
Les citoyens de confession musulmane représentent près de 27,7% de la population béninoise (10,8 millions)