Elena Teslova
16 Novembre 2021•Mise à jour: 16 Novembre 2021
AA / Moscou / Elena Teslova
Le président russe et son homologue biélorusse ont évoqué, mardi, la crise des migrants à la frontière biélorusse-polonaise, a annoncé le Kremlin.
Lors d'un entretien téléphonique, Vladimir Poutine et Alexander Loukachenko ont échangé leurs points de vue sur la crise des migrants aux frontières de la Biélorussie avec les pays de l'UE. Ils ont également évoqué la conversation téléphonique de Loukachenko avec la Chancelière allemande par intérim, Angela Merkel, a indiqué le Kremlin dans un communiqué.
Dans un communiqué séparé, le service de presse du président biélorusse a déclaré que Poutine et Loukachenko ont discuté "d'actions conjointes pour défendre les frontières du pays."
La situation en Ukraine et les exercices militaires improvisés par l'Ukraine et les États-Unis près des frontières de la Fédération de Russie et en mer Noire ont également été abordés, précise le communiqué.
Lundi, le Président Loukachenko et la Chancelière allemande ont discuté des moyens et des perspectives de résolution de la crise migratoire et de l'aide humanitaire aux réfugiés.
- Critiques à l'égard du comportement de la Pologne envers les migrants
Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a quant à lui critiqué le "comportement inacceptable" de la Pologne à l'égard des migrants, affirmant que les forces de l'ordre du pays ont fait usage de gaz lacrymogènes, de canons à eau et de tirs de sommation contre les migrants.
Les autorités polonaises dissimulent leurs actions aux médias et aux agences de l'UE compétentes en matière de migration, ne les autorisant pas à se rendre dans la zone de la crise, a déclaré Lavrov lors d'une conférence de presse.
"L'UE dispose d'une agence de garde-frontières et de garde-côtes, d'Europol et d'un Bureau d'appui en matière d'asile. Ce sont des mécanismes officiels de l'UE qui ont été créés pour faire face à de telles situations", a-t-il rappelé.
Selon Sergueï Lavrov, les organes de l'UE "souhaitent vivement visiter la frontière du côté polonais, mais ils ne sont pas autorisés à y envoyer leurs experts, de sorte qu'ils ne peuvent pas se faire une idée objective et élaborer des recommandations pour Bruxelles."
Un accord de migration avec l'UE a été suspendu en octobre par la Biélorussie.
L'UE accuse le gouvernement biélorusse d'"utiliser la migration irrégulière comme un outil" et de "tenter de déstabiliser l'UE" en envoyant des migrants aux frontières de la Pologne, de la Lituanie et de la Lettonie, pays de l'UE.
Le président Loukachenko réfute ces allégations, affirmant que les migrants transitent par son pays pour entrer dans l'Union européenne, car il dispense de visas les ressortissants des pays "détruits par les entreprises militaires occidentales."
Selon les derniers chiffres de l'UE, 7 935 personnes ont tenté d'entrer dans l'Union par la frontière entre la Biélorussie et l'UE en 2021, soit une forte augmentation par rapport à l'année dernière (150 personnes seulement).
Les autorités polonaises ont renforcé le dispositif de protection des frontières la semaine dernière et mobilisé plus de 12 000 soldats, après qu'un groupe important de migrants a commencé à se diriger vers la frontière du pays avec la Biélorussie, escorté par l'armée biélorusse.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj