Mourad Belhaj
26 Novembre 2019•Mise à jour: 26 Novembre 2019
AA / Mustafa Kamel
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a appelé, mardi, le gouvernement chinois à apporter des éclaircissements après la divulgation de documents révélant les pratiques chinoises contre les musulmans ouïghours, dans des "camps d’internement" au Turkestan oriental (Xinjiang).
"La Chine doit respecter ses obligations internationales en matière de droits de l'Homme", a déclaré Maas dans une déclaration relayée par la télévision allemande Deutsche Welle.
"Il est important que des parties indépendantes, y compris le Haut Commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, aient accès aux zones habitées par la minorité ouïghour", a ajouté Maas.
"Si des centaines de milliers d’Ouïghours sont déjà détenus dans des camps, la communauté internationale ne peut pas fermer les yeux à ce sujet", a-t-il déclaré.
Dimanche, le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a publié des documents révélant les pratiques chinoises à l'encontre des musulmans ouïghours.
Les documents, publiés par le centre basé à Washington, contiennent des informations sur les conditions dans lesquelles la Chine détient plus d'un million d’Ouïghours dans la région du Xinjiang.
Ces documents montrent que "l'objectif des camps d’internement chinois est d'assimiler la minorité musulmane et de l’endoctriner, et non de fournir une formation professionnelle aux détenus, comme l'affirme Pékin",.
Pékin contrôle, depuis 1949, le territoire du Turkestan Oriental, appelé Xinjiang, la "nouvelle frontière" et qui abrite la minorité ouïghour musulmane turcophone.
Selon les statistiques officielles, il y aurait 30 millions de musulmans en Chine, dont 23 millions d’Ouïghours, tandis que des informations non officielles, font état d'environ 100 millions de musulmans, soit environ 9,5% de la population.
La province à majorité turque musulmane est, depuis 2009, en proie à des violences sanglantes, avec environ 200 morts, selon les chiffres officiels.
Depuis lors, Pékin a déployé des troupes dans la région, en particulier après la montée des tensions entre les "Han" chinois et les "Ouïghours" turcs, en particulier dans les villes d’Urumqi, Kashgar et Tourfan, où les Ouïghours sont majoritaires.
Dans son rapport annuel sur les droits de l'homme, publié en 2018, le Département d'État américain a déclaré en mars que la Chine détenait des musulmans dans des centres de détention "dans le but d'effacer leur identité religieuse et ethnique".
Pékin affirme que les centres, qualifiés par la communauté internationale de "camps d’internement", sont des "centres de formation professionnelle" destinés à "nettoyer l'esprit des détenus des idées extrémistes".