AA/ Phnom Penh (Cambodge)/ Kate Bartlett
Un verdict historique pour le Cambodge sera finalement rendu, jeudi, au terme d’un procès pour crimes de guerre, entamé de longue date, contre deux dirigeants Khmers rouges.
Nuon Chea, alias « Frère numéro 2 », âgé de 88 ans, et Khieu Samphan, 83 ans, ancien chef de l'État du Kampuchéa démocratique (nom du Cambodge sous le régime des Khmers rouges) encourent des peines de prison à vie pour leur rôle dans le régime communiste radical d'inspiration maoïste des Khmers rouges, au pouvoir au Cambodge de 1975 à 1979.
Ce groupe politique et militaire est responsable de la mort d’environ 1,7 million de personnes par des exécutions, des famines et des travaux forcés.
Les deux octogénaires sont sous le coup d’un procès mené, depuis 2011, par un tribunal cambodgien soutenu par les Nations Unies.
« En tant que premier et probablement dernier verdict contre des hauts dirigeants [Khmers rouges], l’évènement revêt une immense signification symbolique et sera considéré comme un jugement contre le régime entier » a affirmé la conseillère juridique du Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam) et co-auteure de « Hybrid Justice » (justice hybride), Anne Heindel.
« Pour plusieurs Cambodgiens, il s’agit de la dernière opportunité de voir la justice être rendue. Pol Pot est mort avant d’avoir été jugé et étant donné que le Tribunal a été créé en 2007, le nombre de personnes susceptibles d'être jugées a diminué de moitié » a expliqué Heindel.
Le tribunal n’a jusqu’à aujourd’hui rendu qu’un seul verdict, celui de prison à perpétuité, en 2011, contre l’ancien directeur de prison du centre de torture du régime sanguinaire, Kaing Guek Eav, alias Duch.
Le verdict, qui sera rendu, jeudi, s’insère dans la première phase de ce procès sur plusieurs niveaux, et, est en rapport avec l’évacuation forcé de Phnom Penh, en 1975, qui avait causé la mort de plus de 10 000 personnes.
La deuxième phase du procès des deux leaders, qui devrait se tenir en septembre ou octobre, aborde le Génocide de deux groupes minoritaires du pays, les musulmans Chams et les Vietnamiens.