Wejden Jlassi
14 Février 2022•Mise à jour: 20 Février 2022
AA / Tunis
*Tunisie: des centaines de personnes manifestent pour l'indépendance du pouvoir judiciaire (AA)
Des centaines de manifestants ont participé, dimanche, à un rassemblement protestataire dans la capitale, Tunis, pour l'indépendance de la justice, rejetant les décisions du président Kaïs Saïed annoncées depuis le 25 juillet 2021.
Les manifestants ont brandi des slogans tels que "la Constitution, liberté, dignité nationale", "A bas le coup d'État", "Sauvons la démocratie", "Fidèles au sang des martyrs" et "Le pouvoir judiciaire est indépendant". La manifestation a été organisée à l'invitation de l'initiative "Citoyens contre le coup d'État".
Le Président tunisien Kaïs Saïed avait signé, samedi, un décret-loi portant création d'un Conseil supérieur de la magistrature provisoire qui remplacera le conseil existant, plus haute instance judiciaire du pays.
*Tunisie : Un nouveau décret interdit aux juges de faire grève (AA)
Un décret promulgué par le président tunisien Kaïs Saïed, portant création d'un nouvel organe judiciaire, interdit toute grève des juges.
Les détails du décret publié au Journal officiel, dimanche, ont révélé qu'il comprend une clause interdisant la grève des juges, et une autre qui donne au Président "le droit de demander la suspension de tout juge qui viole ses devoirs professionnels".
Le décret donne également au président tunisien le pouvoir de relever tout juge de ses fonctions sur la base d'un rapport du premier ministre ou du ministre de la justice.
Des tensions ont entaché les relations entre Saïed et le Conseil, le président tunisien ayant critiqué le système judiciaire pour le retard avec lequel il rendait ses décisions dans des affaires de corruption et de terrorisme.
*L'Union des magistrats administratifs s’oppose au remplacement du CSM par un conseil provisoire (TAP)
L'Union des magistrats administratifs s'est déclarée opposée à la décision du président de la République de remplacer le Conseil supérieur de la magistrature " CSM) par un conseil " provisoire ", réaffirmant sa détermination à s'engager dans " toutes les formes de lutte afin de défendre l'indépendance de la justice et faire face à toutes les atteintes au pouvoir judiciaire ".
L'Union des magistrats estime que le décret relatif au Conseil supérieur de la magistrature intérimaire est "nul et non avenu", appelant les juges nommés et les magistrats à la retraite à ne pas reconnaître ce conseil et à boycotter ses travaux.
Par ailleurs, l'Union des magistrats administratifs a mis en garde contre le " risque pouvant découler des dispositions du décret relatif au conseil supérieur provisoire de la magistrature dans la mesure où ce décret représente une " violation flagrante " du principe de séparation des pouvoirs".