Wejden Jlassi
11 Octobre 2021•Mise à jour: 12 Octobre 2021
AA/Tunis
- Tunisie : Des milliers de personnes manifestent contre les mesures "exceptionnelles" de Saïed (AA)
Une marche de protestation contre les mesures "exceptionnelles" du Président Kaïs Saïed a été organisée ce dimanche matin, dans la capitale tunisienne, Tunis.
Des milliers de manifestants ont participé à cette action intitulée "La détermination démocratique". Ils s'étaient dirigés de la rue Keireddine Pacha vers l'Avenue Habib Bourguiba. Un important dispositif sécuritaire a été déployé, à cette occasion.
Les manifestants ont brandi des banderoles portant des slogans tels que "Constitution, liberté, dignité nationale" et "Dégage Saïed". Ils ont également appelé à la libération des militants et des journalistes détenus après l'annonce des mesures exceptionnelles prises par le chef de l'Etat.
La manifestation a été marquée aussi par des affrontements entre les protestataires et les forces de l'ordre, à la suite d'une bousculade limitée visant à briser les barrières métalliques qui bloquaient les entrées principales de l'Avenue Habib Bourguiba.
- Tunisie : Levée de l’assignation à résidence de Anouar Maarouf, Yosri Dali et Chawki Tabib (AA)
Le dirigeant du parti Ennahdha et ancien ministre, Anouar Maarouf, ainsi que le député d'Al-Karama, Yosri Dali, ont annoncé dimanche la levée des assignations à résidence décidées à leur encontre. L’avocat et ancien président de l'Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC), Chawki Tabib, a également annoncé avoir reçu un avis l'informant de la levée de son assignation à résidence.
L’assignation à résidence de Anouar Maarouf a été annoncée par un dirigeant d’Ennahdha le 6 août dernier, alors que celle de Yosri Dali a été confirmée par le chef du bloc parlementaire de la Coalition Al-Karama, Seifeddine Makhlouf, le 17 du même mois. Chawki Tabib, lui, avait annoncé, le 20 août dernier, avoir été assigné à résidence sur décision du chargé du ministère de l'Intérieur, sans en connaître les motifs.
Le Tribunal administratif a débouté 11 recours déposés contre ces assignations à résidence.
Des décisions d'assignation à résidence à l’encontre de plusieurs personnalités ont été prises par le ministère de l'Intérieur, dans la foulée des mesures exceptionnelles annoncées par le président de la République Kaïs Saïed en date du 25 juillet dernier.
- Tunisie : Le MAE condamne les appels à "l'ingérence" de parties étrangères dans les affaires du pays (AA)
Le ministère tunisien des Affaires étrangères a condamné, dimanche, ce qu'il a qualifié d'"invitation" lancée par des partis et des personnalités politiques tunisiens à des "parties étrangères" pour s'ingérer dans les affaires intérieures du pays.
La Tunisie condamne les déclarations et les actions menées par certains partis et personnalités politiques tunisiens appelant des parties étrangères à s'ingérer dans les affaires intérieures du pays.
Le ministère des Affaires étrangères a estimé que cet appel vise à perturber le processus du redressement de l'expérience démocratique, à nuire à la réputation de la Tunisie et à brouiller ses rapports avec l'étranger.
A rappeler que le Syndicat du corps diplomatique tunisien (qui représente les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères) avait accusé l'ancien président tunisien, Moncef Marzouki (2012-2014), d'avoir incité les autorités d'États étrangers à prendre des mesures punitives contre son pays. Marzouki a contesté ces informations les qualifiant de "mensonges".
- Abir Moussi appelle à des mesures politiques et économiques concrètes (TAP)
La secrétaire générale du Parti Destourien Libre (PDL), Abir Moussi, a imputé le flou qui règne dans le pays au retard pris dans la prise de mesures concrètes au niveau politique et économique.
Moussi a déploré le piétinement du processus de formation du gouvernement, reprochant à Kaïs Saïed de n’avoir pas fixé de délais pour la période d'application des mesures exceptionnelles.
Elle a comparé la scène politique à un champ de bataille entre le président de la République et ses sympathisants d’une part et Rached Ghannouchi (président d'Ennahdha) et ses partisans, d’autre part. S’agissant des appels au dialogue national, Moussi a affirmé son refus de s'asseoir à la même table que "ceux qui ont ruiné le pays".
Elle a encore souligné l'impératif de fixer des délais aux mesures exceptionnelles, de dissoudre le Parlement et de lancer des élections législatives anticipées. D’après elle, les déclarations successives du président de la République et le retard dans la mise en place de mesures concrètes ne feront qu’aider Ennahdha à se repositionner sur l'échiquier politique.