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13 Août 2020•Mise à jour: 13 Août 2020
AA - ANKARA
La police australienne a découvert de nouvelles pistes concernant le meurtre d'un diplomate turc et de son collègue, selon les informations relayées jeudi par les médias australiens.
La police de l'État de New South Wales (NSW), sur la côte est de l'Australie, a déployé des plongeurs pour mener des fouilles dans les profondeurs du port de Sydney afin d'enquêter sur le meurtre du diplomate turc Sarik Ariyak, qui avait été assassiné avec son garde du corps dans la banlieue est de Sydney en 1980.
"Après un examen officiel par l'équipe antiterroriste (Joint Counter Terrorism Team) de la Nouvelle-Galles du Sud, des plongeurs de la police ont effectué des recherches au large de Greenwich Point concernant des éléments d'intérêt pour l'enquête", a rapporté la chaîne d'information australienne, ABC News.
La police a indiqué que "Certains articles ont été récupérés au cours de la plongée".
Le 17 décembre 1980, à 9 h 45 heure locale (2345GMT la veille), le Consul général Ariyak, 50 ans, et son attaché de sécurité Engin Sever, 28 ans, ont été abattus par deux terroristes arméniens devant le domicile d'Ariyak sur Portland Street, dans le quartier de Dover Heights à Sydney.
Ariyak a succombé à ses blessures sur le lieu de l'attaque, et Sever, un peu plus tard à l'hôpital.
Les deux fonctionnaires turcs quittaient la résidence de Portland Street dans des véhicules séparés. Les terroristes arméniens qui n'ont toujours pas été identifiés se sont approchés d'eux et ont tiré plusieurs coups de feu à bout portant avant de s'enfuir à moto.
"C'est comme un puzzle avec des bords effilochés. Nous essayons de le rassembler et chaque information que nous avons assemblé nous aide en fait à tout mettre en place", a déclaré jeudi aux journalistes Mark Walton, commandant de la Police de la NSW pour la lutte contre le terrorisme, selon le « Canberra Times ».
La Turquie a salué la décision de l'Australie de rouvrir l'enquête sur l'assassinat de ses diplomates, en décembre dernier.
Elle a félicité l'Australie d'avoir annoncé une récompense d'un million de dollars australiens (650 000 euros) pour toute information menant à l'arrestation des terroristes assassins, à l'occasion du 39e anniversaire du martyr de ses diplomates .
Dans un communiqué publié le 18 décembre 2019, le Ministère turc des Affaires étrangères a rappelé que 58 ressortissants turcs, dont 31 diplomates et membres de leur famille, avaient perdu la vie depuis 1973, à la suite d'attaques terroristes perpétrées par des groupes terroristes arméniens connus sous le nom d'ASALA, JCAG et ARA.
"Si nous regardons le récit de plus de 30 actes similaires qui se sont produits dans le monde au cours de cette période pendant les années 70 et 80, [...] cela était cohérent avec cela et le motif est clairement lié", a déclaré Walton. "Il est raisonnable de s'attendre à ce que les mêmes personnes soient liées entre ces deux crimes, car elles sont susceptibles de l'être avec bon nombre des crimes commis à l'étranger pendant cette période", note-t-il en référence à ces organisations terroristes.
La grande majorité des attaques contre les ressortissants turcs ont été menées par l'ASALA et le JCAG. L'ASALA, fondée en 1975, a été le premier groupe terroriste arménien à faire la guerre à la Turquie.
L'ASALA visait non seulement la Turquie mais aussi d'autres pays et est devenu tristement célèbre pour un attentat à la bombe en 1975 contre le centre à Beyrouth du Conseil œcuménique des Églises.
Le JCAG a été créé en 1975 à Beyrouth. Cependant, il est nationaliste, pas marxiste-léniniste comme l'ASALA.
Prétendant n'avoir reçu que le soutien de la diaspora arménienne plutôt que d'autres partenaires étrangers, le JCAG n'a ciblé que la Turquie parce qu'il pensait qu'attaquer d'autres pays nuirait à la soi-disant « lutte arménienne ».
Il avait d'abord gagné en notoriété en revendiquant la responsabilité, avec l'ASALA, d'une attaque en 1975 contre Danis Tunaligil, l'Ambassadeur de Turquie à Vienne.
* Traduit de l'anglais par Ümit Dönmez