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22 Avril 2023•Mise à jour: 22 Avril 2023
AA / Montréal / Hatem Kattou
Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a assuré, au sujet du jugement de culpabilité de l’universitaire libano-canadien Hassan Diab dans l’affaire de l’attentat contre une synagogue à Pris en 1980, que le Canada va « regarder attentivement la décision et quelles seront les prochaines étapes pour le gouvernement de la France ».
Trudeau qui réagissait, vendredi, après le verdict de perpétuité rendu par la Cour d’assises à Paris dans cette affaire au terme d’un procès de trois semaines, a ajouté qu’Ottawa « prend très au sérieux l'importance de protéger les citoyens canadiens et de respecter leurs droits ».
Le Premier ministre canadien, qui commentait l’affaire en marge d’une conférence de presse tenue à Ottawa, n’a pas fourni d’autres éléments quant à ce qu’envisage de faire son gouvernement en la matière.
Âgé de 69 ans (26 ans à l’époque des faits), Hassan Diab qui est actuellement chargé de cours à l’Université Carleton à Ottawa, est le seul accusé dans l’attentat à la bombe qui avait ciblé, le 3 octobre 1980, une synagogue de la rue Copernic dans la capitale française Paris; attentat qui avait fait quatre morts et une dizaine de blessés.
Il s’agit, selon nombre d’observateurs, du premier attentat meurtrier qui cible la communauté juive de France, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
Hassan Diab a toujours clamé son innocence.
Un rassemblement de soutien a été organisé devant le Monument canadien des droits de la personne dans la capitale fédérale Ottawa pour témoigner l’appui au principal concerné qui était présent en compagnie de son avocat.
Réagissant au verdict, Hassan Diab a lancé : « C'est trop difficile. C’est incroyable. C'est kafkaïen ».
De son côté, Roger Clark, membre du comité de soutien pour Hassan Diab et ancien directeur d'Amnistie internationale Canada, a estimé que la décision de la justice française constitue « une grande déception », ajoutant toutefois, qu’elle est « sans surprise ».
Il convient de rappeler que cette affaire – l’une des plus longues dans l’histoire de la justice française - a connu une série de péripéties et de rebondissements.
En effet, et faisant suite à de longues procédures qui ont abouti en Cour suprême du Canada, Hassan Diab avait été extradé en 2014 vers la France.
Après avoir purgé trois ans de détention en isolement cellulaire, l’universitaire canadien a été libéré par un juge d’instructions, et ce, « faute de preuves ».
Trois ans plus tard, la chambre d’instruction de la Cour d’assises de Paris a infirmé le non-lieu prononcé par le juge d’instruction, ordonnant la réouverture du dossier et la tenue d’un procès criminel qui avait abouti à la condamnation à perpétuité, prononcée vendredi.