Hussein Mahmoud Ragab Elkabany
25 octobre 2018•Mise à jour: 26 octobre 2018
AA / Riyad
Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed bin Salman, a présidé jeudi la première réunion du comité de restructuration du service de renseignement général saoudien. La création de ce comité a été ordonnée par le roi, après la confirmation de Riyad de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans son consulat à Istanbul.
Selon l’agence de presse saoudienne officielle, le comité a examiné "le plan de réforme, y compris l'évaluation de la situation actuelle à l’aune des meilleures pratiques et, en particulier, l’identification des lacunes".
Le comité a également étudié "la structure organisationnelle de la direction du service de renseignement général, les cadres juridiques et les réglementations en place, les politiques et les procédures de gouvernance, ainsi que les mécanismes de polarisation et de réhabilitation".
Le comité a déjà formulé les recommandations nécessaires, tout en prévoyant de poursuivre ses réunions jusqu'à l'achèvement de ses travaux, a ajouté la source saoudienne, sans donner plus de détails.
Après 18 jours de déni, Riyad a reconnu samedi dernier que Khashoggi avait été tué à l'intérieur de son consulat à Istanbul après une bagarre qui aurait mal tournée.
Riyad a par la suite annoncé l'arrestation de 18 Saoudiens impliqués dans l'affaire. Quant au corps de Khashoggi, il n'a pas encore été découvert.
La version saoudienne a été largement critiquée par les pays occidentaux et les organisations internationales de défense des droits humains. Ce récit officiel contredit en effet plusieurs déclarations officieuses saoudiennes. L’une de ces déclarations est celle d’un responsable saoudien assurant qu’"une équipe de 15 Saoudiens qui a été envoyée pour rencontrer Khashoggi, l'anesthésier et le kidnapper l’a tué par suffocation dans une bagarre après leur avoir résisté".
Après cet aveu, le monarque saoudien a limogé de hauts responsables, notamment le vice-président du service de renseignement, Ahmad al-Assiri, et le conseiller de la Cour royale Saud bin Abdullah Al Qahtani. Le roi a également décidé de former un comité présidé par son fils, le prince héritier Mohammed bin Salman, chargé de restructurer le service de renseignement général.
Le comité comprend le ministre de l'Intérieur, le président de la Cour royale, le ministre des Affaires étrangères, le chef du service de renseignement général et le chef de la sécurité de l'État. Il devrait présenter les résultats de ses travaux dans un délai d'un mois à compter de la date du début de son mandat.
Mardi dernier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu’Anakara disposait "de preuves solides" confirmant que le meurtre de Khashoggi était "délibéré et non pas une coïncidence" et que "porter la responsabilité à des éléments de sécurité ne convainquait nullement ni la Turquie ni l'opinion publique mondiale".