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13 Juillet 2021•Mise à jour: 14 Juillet 2021
AA / Istanbul
L'Agence internationale de l'énergie a déclaré, ce mardi, que le désaccord de l'alliance OPEP+, la semaine dernière, autour de l’injection de plus d'approvisionnements en pétrole, pourrait conduire à une guerre des prix, notamment avec une forte demande de brut dans un contexte d'accélération des campagnes de vaccination contre le coronavirus à travers le monde.
L'Agence, basée à Paris, a évoqué dans son communiqué mensuel, la possibilité d'une guerre pour les parts de marché entre les membres de l'OPEP+, même s’il est peu probable que cela menace les marchés pétroliers.
À l'heure actuelle, les Émirats arabes unis sont en désaccord avec l'alliance OPEP+ concernant la prolongation de l'accord de réduction de la production de pétrole au-delà du mois d'avril 2022, ce qui affecte les cours du brut.
Les Émirats arabes unis veulent augmenter la production et ne pas prolonger l'accord de réduction de la production au mois de décembre 2022 au lieu d'avril 2022, une proposition posée par l'Arabie saoudite et la Russie. Les Émirats arabes unis exigent également de modifier le mois de référence de leur production pétrolière et de se baser sur le mois d’avril 2020 au lieu d'octobre 2019.
L'Agence internationale de l'énergie a ajouté que l'impasse actuelle au sein de l'alliance signifie que les quotas de production resteront fixés aux quotas définis en juillet, jusqu'à ce qu'un accord puisse être trouvé. Quant aux marchés pétroliers, ils devraient subir une pénurie dans un contexte de reprise de la demande.
Les prix du pétrole ont fortement réagi à la crise de l’OPEP+, selon l’Agence, avec la possibilité d'une profonde crise d'approvisionnement, si les négociations restent dans l’impasse.
Et d’ajouter : "La demande de pétrole a connu une augmentation remarquable le mois dernier, à un moment où le taux élevé de vaccination a contribué à la réalisation d'une forte activité économique, mais avec l’injection de quantités insuffisantes par les pays de l’OPEP+, les prix devraient être volatiles."
L’Agence a aussi précisé qu’au moment où les campagnes de vaccination contribuent à la forte demande de brut, la possibilité d'une augmentation des prix des carburants menace d'alimenter les niveaux d'inflation et de nuire à une reprise économique mondiale qui demeure encore fragile".
Cependant, elle a estimé que l'augmentation des infections au coronavirus, dans certains pays, constitue toujours une menace majeure pour les marchés du brut, ajoutant que les niveaux des réserves de pétrole dans la plupart des pays développés sont tombés en dessous des moyennes historiques.
En mai 2020, les pays de l'OPEP+ ont entamé des réductions inédites de la production, à hauteur de 9,7 millions de barils par jour, ce qui ne représente que 10 % de la consommation mondiale de brut.
Depuis lors, ces réductions ont été ramenées à un quota actuel de 5,8 millions de barils par jour.
*Traduit de l’arabe par Mounir Bennour