« Israël est responsable de la négligence médicale qui a causé la mort de mon père »
- Depuis 21 ans, Hussein Atallah était détenu dans une cellule individuelle de la prison Eshel d'Israël.
Esma Ben Said
30 Janvier 2018•Mise à jour: 30 Janvier 2018
TurkeyAA - Naplouse
Hussein Atallah, un Palestinien âgé de 57 ans, a perdu la vie dans une prison israélienne, il avait demandé à être opéré à plusieurs reprises, mais s’était heurté au refus systématique de ses requêtes, selon des membres de sa famille.
Lors d’un entretien accordé à l’agence Anadolu (AA), Sadi Atallah, le fils de Hussein Atallah, explique que son père, détenu dans une cellule individuelle dans la prison Eshel, était atteint d’un cancer depuis quatre mois.
« La maladie s’est propagée dans tout l’organisme, mais il n’a pas eu droit à un traitement adéquat », a-t-il déploré.
« A cause de la négligence d’Israël, mon père n’a été traité qu’avec des analgésiques. Un médecin légiste de l’hôpital Rafidia de Naplouse, nous a dit que mon père ne suivait pas de chimiothérapie alors que sa situation était grave. L’occupant israélien est responsable de la négligence médicale qui a causé la mort de mon père », a-t-il déclaré.
Sadi Atallah est ensuite revenu sur les difficultés qu’ils ont rencontrées pour voir leur père.
« Après de longues procédures nous avons enfin pu rendre visite à mon père à l’hôpital. Il était dans un état pitoyable. Malgré cela, ses mains et ses pieds avait été attachés à son lit. Nous n’étions pas autorisés à nous approcher de lui ou à l’embrasser, ni même le saluer. Nous avons seulement pu l’observer de loin », a-t-il dit.
Hussein Atallah est mort le samedi 20 janvier. Dans une déclaration écrite, l’Union des prisonniers de Palestine, reliée à l’Organisation de libération de la Palestine, a rappelé que Hussein Atallah était emprisonné depuis 21 ans. Quatre mois avant son décès, un cancer des poumons lui avait été diagnostiqué et s’était propagé dans la colonne vertébrale, le foie, le pancréas et le cerveau.
« Malgré les rapports établis par le Comité international de la Croix-Rouge, le tribunal israélien n’avait pas autorisé la libération et la prise en charge médicale d’Atallah. De ce fait, les autorités israéliennes sont responsables de son décès », peut-on lire.
Selon les données de l’Union des prisonniers de Palestine, environ 700 détenus atteints d'une maladie chronique sont actuellement enfermés dans les prisons israéliennes.