Mourad Belhaj
08 Avril 2020•Mise à jour: 08 Avril 2020
AA / Washington / Michael Hernandez
Le sénateur américain, Bernie Sanders, a mis fin, mercredi, à sa campagne présidentielle, faisant de l'ancien vice-président, Joe Biden, le candidat démocrate présumé à la nomination du parti.
"Je tiens à exprimer à chacun de vous ma profonde gratitude pour m'avoir aidé à animer une campagne politique populaire sans précédent, qui a eu un impact profond sur le changement de notre nation", a déclaré Sanders lors d'un message vidéo diffusé en direct à ses partisans.
"Je suis arrivé à la conclusion que cette bataille pour la nomination démocrate ne sera pas couronnée de succès", a-t-il ajouté
"Ensemble, nous avons transformé la conscience américaine quant au type de nation que nous pouvons devenir, et avons fait une avancée majeure dans la lutte sans fin pour la justice économique, la justice sociale, la justice raciale et la justice environnementale dans ce pays ", a-t-il poursuivi.
Et de conclure : "L'avenir de ce pays se dessinera avec nos idées."
Sanders a en outre félicité Biden, qu'il a qualifié d’ "homme très décent", s'engageant à travailler avec lui "pour faire avancer nos idées progressistes".
Le sénateur progressiste indépendant a subi une série de douloureux revers lors des primaires contre Biden, qui a élargi sa coalition après que les démocrates modérés se sont successivement retirés de la course et ont apporté leur soutien à l'ancien vice-président.
Mais Sanders, dont la campagne a galvanisé une foule de nouveaux électeurs qui cherchaient une alternative à l'establishment démocrate, est resté populaire parmi les jeunes électeurs, les Latinos et les cercles de gauche, même si sa campagne a subi d'importants revers dans les urnes.
Biden a bien réussi dans les communautés à prédominance noire, tirant son élan vers une victoire en Caroline du Sud où le 29 février il a remporté son premier scrutin, alors que Sanders continuait à exceller là où sa base restait forte, en particulier en Californie, à Washington, au Nevada et au Colorado.
C’est pourtant, Biden qui a opéré les meilleurs remontées au Texas, en Floride, en Arizona et au Massachusetts, où sa victoire lors du Super Tuesday a mis fin à la candidature de la sénatrice Elizabeth Warren. Après avoir abandonné la course, elle a refusé d'offrir son aval à Sanders, son collègue progressiste.
Le président américain Donald Trump, que Biden devrait affronter lors des présidentielles de novembre, avait salué la décision de la sénatrice de continuer à participer à la course du Super Tuesday (Mardi où les élections se déroulent dans plusieurs Etats à la fois), malgré son échec à remporter ne serai-ce que les suffrages d’un seul État, en disant : "Sans elle, Bernie aurait gagné presque tous les États lors du Super Tuesday ! "
Biden a salué Sanders sur Twitter, le qualifiant d’ "homme bon, un grand leader et l'une des voix les plus puissantes pour le changement dans notre pays".
"Il est difficile de résumer ses contributions à notre politique en un seul tweet. Je n'essaierai donc pas", a-t-il dit, appelant les partisans de Bernie Sanders à soutenir sa campagne à venir lors des échéances nationales de novembre.
"Je sais que je dois gagner vos votes. Et je sais que cela pourrait prendre du temps. Mais je veux que vous sachiez que je vous vois, je vous entends, et je comprends l'urgence de ce moment. J'espère que vous vous joindrez à nous "Vous êtes plus que bienvenus : nous avons besoin de vous", a-t-il dit.
La candidature de Biden ne sera pas officialisée avant la convention démocrate de cet été, mais compte tenu de la pandémie de coronavirus, il a proposé la possibilité de tenir la convention virtuellement.
Jusque-là, Sanders a déclaré qu'il resterait sur le bulletin de vote et continuerait d'accumuler des délégués avant la convention, indépendamment du moment ou de la manière dont elle se tiendra.