Qualid Filsde Mohamed Chine,Yusuf Özcan
19 Novembre 2018•Mise à jour: 20 Novembre 2018
AA/ Paris
Un journaliste français a déclaré que le meurtre de Jamal Khashoggi a "embarrassé" la France, notant qu’il ne fait aucun doute que la Turquie a partagé des informations et des enregistrements concernant le meurtre avec Paris.
"Cet incident a embarrassé la France", a déclaré à l'Agence Anadolu, Jean-Dominique Merchet, journaliste du quotidien français «L'Opinion », soulignant que l'Arabie saoudite est un allié stratégique de la France.
«Il ne fait aucun doute que la Turquie a fourni des informations à la France. Les déclarations du Premier ministre du Canada [Justin Trudeau] affirmant qu’il avait écouté les enregistrements sont la preuve que les informations sont aussi parvenues à la France», a déclaré Merchet.
Les propos tenus par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, visent à préserver les bonnes relations avec l’Arabie saoudite, a considéré le journaliste.
La semaine dernière, Le Drian avait soutenu que son pays ne dispose pas des enregistrements, à la suite des déclarations du président turc Recep Tayyip Erdogan qui avait affirmé qu’Ankara a partagé des enregistrements liés à l’assassinat de Khashoggi avec certains pays, dont la France.
"Le ministre français des Affaires étrangères est allé trop loin et il doit savoir comment s’adresser à un président", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, accusant Le Drian de ne pas dire la vérité.
"Il est clair que l'assassinat de Khashoggi a affaibli [le prince héritier saoudien] Mohammed bin Salman et que son image a été ternie", a déclaré Merchet, relevant que les Saoudiens ne sont pas conscients de la gravité du problème.
Tout le monde devrait avoir la même position en Europe, pour faire avancer l'affaire Khashoggi ainsi que la question du Yémen, a considéré le journaliste français.
Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué dans le consulat de son pays à Istanbul, le 2 octobre dernier.
Après 18 jours de déni, Riyad a reconnu, le 20 octobre dernier, que Khashoggi a été tué au consulat, soutenant cependant que la famille royale saoudienne n'avait pas connaissance d'un complot visant à l'assassiner.