Mona Saanouni
01 Novembre 2018•Mise à jour: 02 Novembre 2018
AA/Tunis/Mona Saanouni
Le Parquet général d’Istanbul a indiqué, mercredi dans un communiqué, que le journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, a été étranglé dès son entrée au consulat de son pays à Istanbul, selon un plan prémédité.
« Après le meurtre, pour faire disparaître le cadavre, le corps de Khashoggi a été démembré », a précisé le parquet, avant de regretter le manque de coopération des autorités saoudiennes.
Plusieurs médias internationaux ont repris cette annonce.
« Le Figaro » a rapporté que « le magistrat turc a indiqué que les éléments recueillis attestaient le caractère prémédité de ce meurtre ».
Le site de BFMTV a souligné que « les autorités turques ont de nouveau demandé au procureur saoudien et à la délégation l'accompagnant l'extradition de 18 suspects arrêtés en Arabie saoudite dans le cadre de l'enquête sur la mort du journaliste ».
France 24 a pour sa part noté que le communiqué du procureur turc confirme les déclarations du président Recep Tayyip Erdogan, relatives à l’assassinat de Jamal Khashoggi. Et ajoute que « le président turc accroît chaque jour un peu plus la pression sur les enquêteurs afin que l’enquête aboutisse ».
« Le Monde » a par ailleurs souligné « qu’en annonçant que le journaliste a été tué par strangulation et son corps démembré, le procureur d’Istanbul confirme pour la première fois des informations publiées depuis plusieurs semaines par la presse turque ».
« Le Parisien » a choisi « La justice turque livre de nouveaux détails sur la mort de Jamal Khashoggi » pour titre de l’article commentant la déclaration du Parquet turc.
Le journal français a également noté que « le Procureur d'Istanbul se dit «obligé» de partager certains éléments révélés par son enquête, étant donné que la visite à Istanbul du procureur général saoudien dans le cadre de l'enquête «n'a pas donné de résultat concret».
Le site d’information belge « RTBF » a repris le communiqué en indiquant que « les autorités turques ont également exigé de savoir où se trouvait le corps de Khashoggi, toujours pas retrouvé, et l'identité du "collaborateur local" mentionné par Ryad et si des éléments confirmant le caractère prémédité du meurtre avaient été mis au jour par Ryad.
« En guise de réponse, toujours selon le communiqué, le procureur d'Istanbul a été invité à se rendre en Arabie saoudite avec les éléments de l'enquête en sa possession. Le communiqué n'a pas précisé si le procureur turc entend donner suite à cette invitation », ajoute le média belge.
Le site « Ici Radio Canada » a par ailleurs expliqué que le communiqué du bureau du Parquet turc a été publié tout juste après que le Procureur général saoudien, Saoud ben Abdallah Al-Muajab, eut quitté la Turquie.
« Sa visite n'a « pas donné de résultat concret », en dépit « des efforts de bonne volonté » de la Turquie pour découvrir la vérité », note le même média en commentant que « Cela explique pourquoi le bureau du procureur s'est senti « obligé » de partager certains éléments obtenus lors de l'enquête ».
Quant aux médias tunisiens, le site de Mosaïque FM et Kapitalis ont repris le communiqué rendu public par le Parquet turc en soulignant que le corps de Khashoggi n’a pas été retrouvé.
Le site « Réalités Online » a également indiqué que « le meurtre de Jamel Khashoggi était un acte prémédité selon ce qu’a indiqué le procureur général d’Istanbul ce mercredi 31 octobre 2018 ».
« Une vague de versions contradictoires et de démentis a déferlé de la part de la diplomatie saoudienne qui se trouve aujourd’hui en très mauvaise posture », selon la même source.
« Tunisie numérique » a pour sa part souligné que le communiqué du Parquet «précise qu’aucune déclaration provenant des autorités saoudiennes n’a fait état d’un complice local ».
Après 18 jours de déni, Riyad a reconnu que Khashoggi a été tué à l'intérieur de son consulat à Istanbul après une bagarre qui aurait dégénéré.
Riyad a par la suite annoncé l'arrestation de 18 Saoudiens impliqués dans l'affaire en question. Quant au corps de Khashoggi, il n'a pas encore été retrouvé.
La version saoudienne a été largement critiquée par les pays occidentaux et les organisations internationales de défense des droits de l’Homme.