Ahmet Gürhan Kartal,Qualid Filsde Mohamed Chine
05 Février 2019•Mise à jour: 13 Février 2019
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Le traitement réservés aux défenseurs des droits humains détenus en Arabie saoudite pourrait être assimilé à de la torture, a déclaré lundi un député britannique.
Crispin Blunt, député britannique conservateur et président du Groupe parlementaire d’observation des détenus de la détention (DRP, Detention Review Panel, DRP), a déclaré à l’Agence Anadolu que des députés et des avocats de premier plan ont demandé la coopération de Riyad, en ce qui concerne les inquiétudes suscitées par la détention d’activistes saoudiennes des droits des femmes.
Blunt a déclaré que les autorités saoudiennes n'ont pas répondu à leurs deux demandes officielles formulées en vue de rendre visite aux activistes.
Le DRP a mentionné huit activistes féminines et quatre hommes en détention.
"Compte tenu des preuves disponibles, nous avons conclu qu’il est presque certain que les allégations de mauvais traitements infligés à ces détenus sont vraies", déclaré Crispin Blunt.
Le DRP a relevé lundi dans un rapport que des activistes sont soumis à la torture et maintenus dans des conditions cruelles et inhumaines en Arabie saoudite.
"Il y a des rapports faisant état de la poursuite des mauvais traitements en Arabie saoudite", a déclaré Blunt, soulignant que la torture est un crime relevant de la compétence universelle.
Le député britannique a souligné qu'un procès «ni très ouvert ni transparent» est en cours en Arabie saoudite concernant l’affaire du journaliste saoudien assassiné Jamal Khashoggi.
Cependant, il a déclaré que le meurtre de Khashoggi devait être examiné parallèlement à la détention de nombreux autres militants de la démocratie et des droits de l'homme en Arabie saoudite.
Selon Blunt, ces affaires reflètent le fait qu’il n’ya pas de place en Arabie saoudite pour une société civile active.
«Si vous fermez cet espace de la société civile et que personne n'ose rien dire parce qu'il risque de connaître le sort de Jamal Khashoggi ou de ces militantes des droits humains… quel message cela envoie-t-il ? », s’est-il interrogé.
«Et si vous fermez tout espace de discussion… et de critique de vos politiques, alors méfiez-vous de ce qui va arriver à votre gouvernement, éventuellement du fait de votre peuple.»
Le député a relevé qu'entre-temps, un climat de terreur s’installerait dans cet espace public en Arabie saoudite.
«Il est très important que nous collaborions avec l'Arabie saoudite pour les encourager à remplacer et à corriger ce qui n'allait pas en 2018», a-t-il conclu.
- Assassinat de Khashoggi
Le meurtre du journaliste saoudien Khashoggi au consulat de son pays à Istanbul le 2 octobre 2018, a provoqué un tollé international et des appels persistants à dévoiler le lieu de son corps et les commanditaires de son assassinat.
La semaine dernière, l'Arabie saoudite avait fait l'objet d'un nouvel examen après avoir refusé de coopérer avec le rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a déclaré la semaine dernière qu'une enquête internationale "examinerait et évaluerait, du point de vue des droits de l'homme, les circonstances de l'assassinat de Khashoggi".
L’équipe des Nations Unies a effectué une mission de cinq jours à Istanbul afin d’enquêter sur la mort de Khashoggi. Cependant les autorités saoudiennes n’ont pas autorisé l’équipe de se rendre au siège du consulat où Khashoggi a été tué l’automne dernier.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré dimanche : "J'ai écouté des enregistrements audio documentant le moment de la mort de Khashoggi, et je n'arrive pas à comprendre le silence des Etats-Unis à l'égard de ce crime".
Khashoggi, collaborateur du Washington Post, a été tué au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul le 2 octobre dernier.
Après avoir fourni diverses explications contradictoires, Riyad a reconnu qu'il avait été tué à l'intérieur du consulat.
La Turquie a réclamé l'extradition des citoyens saoudiens impliqués dans l'assassinat.