Qualid Filsde Mohamed Chine,Servet Günerigök
16 Novembre 2018•Mise à jour: 17 Novembre 2018
AA/ Washington
Le journal américain «The Washington Post » a considéré, jeudi, que les dernières déclarations de Riyad sur l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, sont « choquantes dans leur audace ».
Le Royaume avait précédemment déclaré que Khashoggi a été tué dans le cadre d'une opération "préméditée", puis reconnu qu'il a été tué après son entrée au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul par une équipe de choc chargée de le renvoyer en Arabie saoudite.
Le bureau du procureur en chef saoudien a déclaré que 11 suspects ont été inculpés précisant que cinq d'entre eux sont passibles de la peine de mort.
Le bureau a écarté la thèse selon laquelle le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman et de ses deux collaborateurs auraient ordonné l'opération.
Dans un communiqué, le procureur général saoudien Shalaan al-Shalaan a déclaré qu'une opération a été ordonnée pour persuader Khashoggi ou de le forcer à retourner en Arabie saoudite.
Ahmed al-Assiri, ancien chef adjoint des services de renseignement, a ordonné le retour de Khashoggi le 29 septembre, un jour après la première visite du journaliste au siège du consulat.
Selon le procureur, c'est al-Assiri qui a formé une équipe de 15 membres. Il a contacté un expert en criminalistique en vue d’éliminer des preuves de la scène du crime, en cas d’usage de a force.
"Après avoir inspecté le consulat, le chef de l'équipe a conclu qu'il ne serait pas possible d’évacuer la victime par la force (...). Le chef de l'équipe a donc décidé de l'assassiner", a déclaré le procureur.
Pour sa part, le «Washington Post» a déclaré à ce sujet : "En proposant cette version incroyable, le régime saoudien défie toutes les personnes, y compris les membres dirigeants du Congrès américain, qui ont appelé à établir les responsabilités".
Washington a imposé des sanctions à 17 individus impliqués dans le meurtre, mais la commission a déclaré que ni le prince héritier ni les plus hauts responsables des services de renseignement de Riyad ne figuraient parmi eux.
Selon le journal américain, la nouvelle version saoudienne indique que l'opération a été ordonnée par le chef des services de renseignements de l'époque, Ahmed al-Assiri, et conseillée par Saoud al-Qahtani, un propagandiste de la cour, qui serait proche de bin Salman.
Riyad n’a pas déclaré que les deux collaborateurs étaient complices dans la décision de tuer Khashoggi, mais a souligné qu’ils ont été trompés par leur équipe qui leur aurait indiqué que le journaliste aurait quitté le consulat vivant.
"Cela n'explique pas une partie de l'enregistrement audio rapportée par le New York Times, dans laquelle Maher Mutreb, un proche collaborateur du prince héritier, charge lors d’un entretien téléphonique, un responsable de dire à son patron "que la mission a été accomplie", souligne le Washington Post.
Les responsables américains du renseignement estiment que le "patron" est "quasi certainement le prince Mohammed".
En outre, le journal a exhorté le Congrès à ne pas laisser "cette parodie" se poursuivre.
"Il devrait suspendre toutes les ventes militaires et la coopération avec l'Arabie saoudite jusqu'à ce qu'une enquête internationale crédible sur le meurtre de Khashoggi soit achevée", a ajouté le quotidien.
Cette version n’est qu’un exemple supplémentaire du comportement arrogant et téméraire de Mohammed bin Salman, a considéré le « Washington Post ».
"Les vrais assassins de Jamal Khashoggi doivent être nommés et punis", a conclu le journal américain.