Serap Doğansoy
05 Octobre 2026•Mise à jour: 05 Octobre 2026
Les enfants de moins de dix ans représentent près d’un quart des personnes en situation de précarité résidentielle accueillies par les Restos du cœur, révèle une étude publiée lundi, qui souligne leur surreprésentation dans la grande pauvreté en France.
Cette tranche d’âge constitue environ 10 % de la population française. Dans l’échantillon étudié, les jeunes enfants concernés vivent très majoritairement dans des familles composées d’une mère seule.
La précarité résidentielle recouvre aussi bien la vie à la rue que l’absence de logement personnel, l’hébergement chez des proches ou un habitat précaire ou inadéquat, comme une tente ou une habitation de fortune. Environ 40 % des bénéficiaires de l’association sont concernés.
Le nombre de personnes dans cette situation accueillies par les Restos a augmenté de 62 % entre 2018 et 2025. L’étude estime également que l’inflation explique plus de la moitié de la hausse du sans-abrisme observée dans ses données depuis 2018.
Réalisés par cinq économistes basés en Europe et aux États-Unis, ces travaux reposent sur 5,5 millions d’identifiants individuels et plus de 16 millions d’observations issues des données anonymisées de l’association.
Environ une personne sur dix pourrait avoir recours à l’aide alimentaire au cours des dix prochaines années, indique la présentation de l’étude publiée par les Restos du cœur.
Le logement pèse fortement sur les budgets des bénéficiaires : le loyer absorbe en moyenne 45 % des revenus des locataires du parc privé et 40 % de ceux du parc social. Après paiement du loyer et des charges associées, le reste à vivre se situe autour de 300 euros par unité de consommation pour couvrir les autres dépenses essentielles.
Les chercheurs identifient le chômage et la hausse des loyers comme des facteurs majeurs d’entrée dans la grande pauvreté. Ils estiment que les politiques d’emploi et de logement permettent davantage de prévenir ce basculement que d’aider les personnes déjà touchées à en sortir.
Un passage aux Restos dure en moyenne 18 mois. Si la majorité des personnes quitte l’aide alimentaire au bout d’un an, 14 % y restent plus de trois ans. Plus la précarité se prolonge, plus les perspectives de sortie se réduisent, souligne l’association.