AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La commission d’enquête sur l’audiovisuel public de l’Assemblée nationale a adopté ce lundi le rapport du député Charles Alloncle, au terme de plusieurs mois de travaux marqués par de vives tensions et controverses.
Le texte, approuvé à la majorité des membres de la commission, doit être publié dans une semaine. Il comporte près de 80 propositions visant à réformer l’organisation, le financement et la gouvernance de l’audiovisuel public.
Ce vote met fin à cinq mois d’auditions et de débats internes souvent houleux. Jusqu’à la dernière minute, l’issue restait incertaine, plusieurs députés ayant exprimé des réserves sur le contenu et le ton du rapport, jugé par certains « insidieux » ou « polémique ».
Parmi les mesures proposées figurent des réorganisations majeures, notamment la fusion de certaines chaînes de télévision publiques, comme France 2 et France 5, ou encore Franceinfo et France 24, ainsi que la suppression de certaines offres destinées aux jeunes publics.
Le rapport préconise également des réformes dans le secteur radiophonique, avec la disparition envisagée de certaines antennes, dans une logique de rationalisation des moyens.
Selon ses conclusions, ces réformes permettraient de générer d’importantes économies, destinées notamment au financement des priorités budgétaires de l’État.
Le document propose en outre de renforcer les exigences de neutralité pour les figures de l’audiovisuel public et de modifier les modalités de nomination de ses dirigeants.
Plusieurs groupes parlementaires, issus de l’opposition comme de la majorité, avaient demandé des ajustements avant le vote, soulignant la sensibilité politique du sujet et l’ampleur des transformations envisagées.
La commission d’enquête, composée de 30 députés, avait été chargée d’examiner la neutralité et le financement de l’audiovisuel public, un secteur qui regroupe notamment les médias financés en tout ou partie par des fonds publics.
Ce rapport s’inscrit dans un débat plus large sur l’avenir du service public audiovisuel en France, alors que les usages médiatiques évoluent et que les contraintes budgétaires se renforcent.