AA/Bagdad/Ali Jaouad
Le premier ministre irakien, Haidar al-Abadi a lancé, jeudi une stratégie en quatre axes couvrant la période 2015-2030 et dont l’objectif est de dynamiser le secteur privé et d’augmenter sa part dans le PIB national.
Al-Abadi a noté lors d’une conférence de présentation de la nouvelle stratégie, tenue jeudi à Bagdad, que «le gouvernement irakien est déterminé à dynamiser le secteur privé et à réduire la dépendance de l’économie aux revenus du pétrole».
Le gouvernement irakien avait annoncé son intention d’œuvrer en 2015 à la dynamisation de l’investissement dans les différents secteurs économiques dont ceux de l’énergie et de l’industrie afin de consolider les ressources financières de l’Etat qui demeurent, aujourd’hui, fortement dépendantes de l’exportation du pétrole (94% des recettes de l’Etat).
La baisse sans précédent enregistrée par le prix du pétrole a mis l’Irak en situation de crise économique, situation qui l’a poussé à revoir à la baisse son budget annuel et à adopter une politique d’austérité. Le ministère irakien des Finances a de son côté annoncé en janvier une augmentation des impôts sur certains services.
Le parlement irakien avait approuvé à la fin du mois de janvier 2015 un budget de 119 trillions de dinars irakiens (102 milliards de dollars) après avoir baissé les dépenses de l’ordre de 3,43 milliards de dollars et un déficit budgétaire de 25 trillions de dinars irakiens (21,4 milliards de dollars).
Le premier axe de la stratégie dont Anadolu a eu copie prévoit de délimiter le secteur privé afin d’en cerner les spécificités notamment la nature des services et des produits qu’il offre, le nombre d’emplois qu’il génère et les problèmes qu’il rencontre.
Le deuxième axe concerne l’amélioration de l’environnement des affaires à travers la révision du cadre juridique, des dispositions et des formalités qui empêchent le développement optimal du secteur privé.
La mise en application du projet de développement des PME à travers l’extension des zones industrielles et l’amélioration de leurs services, la création de nouvelles zones industrielles et d’un fonds spécial pour appuyer les PME et la mise en œuvre des réformes décidées sont les principaux points prévus par le troisième et le quatrième axe de la stratégie.
Madhar Mohamad Salah conseiller du premier ministre irakien pour les affaires économiques a déclaré en marge de la conférence que la stratégie vise à mettre fin à toutes les entraves qui ont empêché durant les dernières années le secteur privé de jouer pleinement son rôle en termes de développement économique
Il a précisé que le secteur privé représente actuellement 1,8% du PIB, un taux très bas a-t-il noté par rapport au potentiel effectif de ce secteur.
Le ministère irakien de la Planification avait annoncé au début du mois courant un plan économique de quatre ans pour faire face à la dégradation de la situation économique dans la pays et qui a été fortement favorisée par la baisse du prix du pétrole.
La baisse accusée par le prix du pétrole a induit l’Irak dans une crise financière que la hausse des besoins en liquidités pour financer la guerre menée contre l’EIIL n’a fait qu’aggraver.