AA - Washington - Bilal Muftuoglu
Les économistes américains sont d'avis sur la hausse du taux directeur par la Banque centrale américaine (FED) à la mi-2015.
Le débat sur le calendrier de la hausse du taux directeur a été ravivé à l'approche de la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) qui se tiendra entre le 16 et 17 septembre.
A l'aune de la récente tendance de l'économie américaine à la croissance et la fin des achats d'obligations par la FED prévue pour le mois prochain, David Wessel, le directeur du Centre des politiques monétaires et financières au Brookings Institute et Edward Friedman, le directeur de Moody's Analytics, ont exprimé leur prédictions sur la hausse du taux directeur.
Les spéculations sur la hausse du taux directeur, qui risque de freiner la croissance, proviendraient de certains membres de la FED estimant l'économie ''prête'' à assumer une telle hausse, selon Wessel.
''Il existe beaucoup d'américains sous-employés ou travaillant à temps partiel faute d'emploi et leur retour risque de s'avérer impossible en cas d'une hausse du taux d'intérêt précoce'', a-t-il affirmé.
Selon Wessel, la présidente de la FED Janet Yellen, consciente de ce risque, n'effectuera pas la hausse avant mi-2015.
Wessel, soulignant que la hausse du taux directeur augmentera la valeur du dollar américain, a mis en relief que ''des pays émergents tels que la Turquie pourront accroître leurs recettes d'exportation''.
Les sorties de capitaux des pays émergents seraient ''peu probables'', d'après l'expert du Brookings Institute, en cas de la hausse du taux directeur éventuelle.
Edward Friedman, ancien économiste en chef du bureau de la FED à New York et directeur actuel de Moody's Analytics, a également prévu que la FED attendra jusqu'à la fin du premier semestre de 2015 avant de procéder à une hausse du taux directeur. La hausse qui serait de 0,5% par trimestre entre mi-2015 et fin 2016, ne serait pas négativement reçue par les marchés, selon Friedman.
Friedman, partageant l'avis de Wessel sur la hausse des recettes d'exportation des pays émergents a pourtant averti que les prix à l'importation seraient également élevés incitant la hausse de l'inflation dans ces pays.
Lors du symposium de Jackson Hole, organisé par la FED le mois dernier, la présidente Yellen avait souligné qu'une hausse du taux directeur précoce nuirait à la croissance économique sans que l'emploi n'atteigne son plein potentiel.