AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le lauréat de la «Photo de l’Année» du concours «Istanbul Photo Awards 2017» de l'Agence Anadolu (AA), est Frédéric Lafargue. Le prix lui a été décerné pour son oeuvre "Echapper à Daech".
"Istanbul Photo Awards" a été organisé pour la troisième fois cette année en partenariat avec Turkish Airlines (THY) et l’Agence turque de Coopération et de Coordination (TIKA).
25 000 images ont été postées sur le site "istanbulphotoawards.com".
Entre les 19 et 22 mars derniers, les membres du jury, composé de grandes figures de la presse internationale, réunis en Cappadoce, ont désigné les lauréats du concours.
Le jury a désigné 22 autres gagnants de 17 pays différents pour 2017, en plus de la « photo de l’année », dans les catégories suivantes : «information individuelle», «série d’informations», «sport individuel» et «série sportive».
Ainsi, le cliché intitulé "Echapper à Daech" du photographe français Frédéric Lafargue, prise pour le magazine Paris Match, a remporté le prix "Photo de l’Année".
Par ailleurs, Aris Messinis, a obtenu le prix «Série d’informations» pour le cliché intitulé "Mort en Méditerranée", prise pour l’AFP.
"Sous la surface", photo prise pour Getty Images par Adam Pretty, a décroché le prix "sport individuel".
Patrick Smith, lui, a obtenu le prix pour la catégorie "série sportive" avec ses clichés pour Getty Images.
Dans la catégorie « Série de portraits », c’est Mary Gelman qui a été lauréate avec ses clichés concernant les femmes victimes, alors que le jury n’a pas désigné de lauréat pour la catégorie « portrait individuel ».
Le lauréat de la catégorie « série nature et environnement » est Kemal Jufri grâce à son cliché intitulé « nourrir les orang-outangs orphelins », alors que Johnny Miller de Millefoto a remporté le prix pour la catégorie « photo individuelle nature et environnement » avec sa photo intitulée « terrain de Golf Papwa Sewgolum ».
Enfin, le jury a désigné le photojournaliste freelance Hosam Salem vivant à Gaza, « Prix du jeune photojournaliste » grâce à son cliché intitulé « Entrainement de rue à Gaza ».
Les membres du jury :
La rédactrice en chef digital de Paris Match, Marion Mertens, le célèbre photographe de Noor Agence, Yuri Kozirev, le photographe sportif très connu de Getty Images, Cameron Spencer et le lauréat du Prix de la catégorie « nouvelle individuelle » du Istanbul Photo Awards 2016, Sergey Ponomarev, qui avec la même photo avait remporté le Prix Pulitzer, font partie du jury de cette édition.
Marion Mertens de Paris Match travaille pour la célèbre revue française depuis 1998. Elle dirige les versions internet, tablette et mobile de la revue et avant cela, elle a occupé pendant 15 ans le poste de directrice-adjointe de la publication. Débutant dans le métier chez Gamma Presse Images, Marion Mertens a ensuite travaillé pour le Figaro, l’Express et VSD avant de rejoindre Paris Match.
Le célèbre photojournaliste de Getty Images Cameron Spencer fait aussi partie du jury du Istanbul Photo Awards 2017. Spencer s’est spécialisé dans la photographie sportive et des portraits depuis 2004.
Le lauréat du Prix de la catégorie «nouvelle individuelle» du Istanbul Photo Awards 2016 avec sa photo intitulée «Les réfugiés», Sergey Ponomarev, qui a avec la même photo remporté le Prix Pulitzer, fait aussi partie du jury de cette édition 2017.
Le photographe russe a travaillé pour Associated Press entre 2003 et 2012, il est engagé actuellement au sein du New York Times. Avec un cliché sur le drame de Gaza, Ponomarev avait remporté en 2015 le prix World Press. Il a remporté de nombreux prix nationaux et internationaux.
La célèbre conservatrice multimédia Liza Faktor, le directeur de la distribution et du développement du département photographie de l’Agence AFP Michel Scotto, la directrice du centre photographique de Shanghai et lauréate du Pulitzer Liu Heung Shing, le conseiller multimédia et journaliste photo Georges De Keerle, le directeur de l’Audiovisuel Ahmet Sel ainsi que le rédacteur en chef de de la section photographie de l'Agence Anadolu sont les autres membres du jury de cette année.
La présidente du jury, Marion Martens a exprimé sa satisfaction face à la grande qualité des photos ayant pris part au concours.
"Nous avons été très heureux de voir les clichés du point de vue de l’art, du journalisme et de la créativité, car ils étaient vraiment de qualité", a-t-elle dit.
Pour sa part, Kozyrev a tenu à souligner que l’ensemble des photos des finalistes sont remarquables du point de vue des thèmes abordés.
"Je pense que les photos que nous avons choisies sont essentielles pour montrer à la société, aux journalistes et aux photojournalistes ce qui est important" a-t-il dit, précisant que le jury a été très pointu dans la désignation des lauréats, particulièrement dans les catégories information.
« Il n’est pas facile de dire lequel a été le meilleur. La photo que nous avons choisie est importante d’autant plus que nous nous trouvons en Turquie, nous sommes pratiquement au front, tout prêt des événements en Syrie et en Irak. Les gens qui verront l’exposition se rappelleront que nous ne vivons pas très loin de la guerre », a-t-il ajouté.
Un autre membre du jury, Cameron Spencer, a souhaité faire remarquer la « très bonne qualité » des photos qui ont concouru dans toutes les catégories, notamment dans les catégories informations, sport, portrait et nature.
« Les meilleurs photographes du monde entier participent à ce concours. C’est une preuve de professionnalisme pour un concours qui n’existe que depuis quelques années. Ce concours donne confiance à l’industrie de la photo, particulièrement dans les catégories information et sport. Nous avons beaucoup débattu entre nous pour désigner les lauréats. Les photos choisies sont vraiment de très bonne qualité et elles racontent une histoire », a-t-il dit.
Liu Heung Shing a expliqué que l’objectif du jury était de ne pas choisir les photos les plus populaires mais les plus belles.
« Ce concours se positionne très bien dans son domaine par rapport aux autres concours, c’est une bonne alternative. La composition du jury et les photos engagées dans la compétition montrent que ce concours est devenu une bonne alternative », a-t-il expliqué.
De son côté, Georges de Keerle a souhaité attiré l’attention sur la catégorie « jeune photojournaliste » chez les moins de 28 ans.
« C’est une excellente chose, car jusque-là, les jeunes photographes n’avaient aucune aide pour se développer. Cette catégorie va les encourager », a-t-il dit, affirmant que le gain permettra aux jeunes photographes de financer leurs projets.
Cette année, le nombre de catégories a été élevé au nombre de huit.
Le lauréat de chaque catégorie recevra 8 000 dollars tandis que les récipiendaires des deuxième et troisième prix seront récompensés respectivement de 5000 et 3 000 dollars.
Le grand lauréat de la «photo de l’année», qui sera choisi parmi les lauréats de chaque catégorie, recevra quant à lui une enveloppe de 10 mille dollars.
Pour la première fois cette année, une nouvelle catégorie a été créée, indépendamment des autres catégories. Il s'agit de la catégorie : «Jeune photographe», dont le montant de la récompense s'élève à 3 000 dollars dont bénéficiera le meilleur photographe âgé de moins de 28 ans
Les meilleurs journalistes du monde participent au concours :
L’an passé, le photographe Abd Doumany avait été choisi pour la « photo de l’année » avec son cliché « Appel au secours des enfants syriens"
Sergey Ponomarev avait obtenu le prix «Information Individuelle» pour le cliché intitulé "Les réfugiés", prise pour New York Times. Il a ensuite remporté le Prix Pulitzer avec ce même cliché.
L’année d’avant, en 2015, c’est Daniel Berehulak et son cliché sur l’épidémie d’Ebola qui avait été les vainqueurs du concours. Berehulak avait aussi remporté le Prix Pulitzer avec la même photo.