AA/ Kigali/(Rwanda) Fulgence Niyonagize
Tour à tour, des organisations non gouvernementales locales, régionales, internationales, et des pays, ont exprimé leur préoccupation quant à la quarantaine de corps découverts ligotés dans le lac Rweru à la frontière entre le Burundi et le Rwanda depuis juillet dernier mais que les enquêtes n'ont pas éludé jusqu’à maintenant.
Dans une «déclaration de la Suisse sur les cas des corps retrouvés dans le Lac Rweru», le gouvernement suisse a exprimé sa profonde préoccupation au sujet de la découverte d'un certain nombre de corps en juillet et août cette année, certains liés et enveloppés dans du plastique, dans le lac Rweru, qui borde le Burundi et le Rwanda.
« Les victimes méritent d’être identifiées, leurs familles de connaître leur sort et les responsables traduits en justice», a indiqué le gouvernement suisse dans ce communiqué en date du 26 septembre.
Elle demande instamment «aux gouvernements burundais et rwandais de mener une enquête concertée, rapide, approfondie et impartiale de ces décès avec l’aide d’experts internationaux et indépendants en médecine légale.»
Deux jours déjà, trois ONG ont « soupçonné » Kigali d’avoir joué un rôle dans le meurtre de ces personnes.
La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH, basée à Paris), la Ligue des droits de l'homme dans la région des Grands lacs (LDGL, basée à Kigali) et la Ligue burundaise des droits de l'homme (Iteka, basée à Bujumbura) ont publié un communiqué conjoint, dans lequel « des témoins au Rwanda ont affirmé avoir vu des corps dériver sur la rivière Akagera(Rwanda Ndlr) ce qui renforcerait les présomptions que les corps viendraient du Rwanda » et d’ajouter que selon « les informations reçues par nos organisations, des dizaines de personnes auraient disparu au Rwanda depuis le mois de mars 2014 ».
Selon Theos Badege, le chef de la brigade criminelle rwandaise, même si l’enquête n’est pas encore au bout «ces corps ne proviennent pas du Rwanda aussi longtemps qu’aucun riverain du lac ni aucun autre rwandais n’ait réclamé la disparation d’un membre de la famille vivant ou mort » indique-t-il à Anadolu.
De même les maires des districts de Ngoma (Est) et de Gatsibo (Est) que traversent la rivière Akagera déclarent ne pas avoir eu de réactions de la population en manque d’un des membres.
Au Burundi comme au Rwanda ces cadavres n’appartiennent à aucun de leur citoyen selon les déclarations officielles respectives des deux pays.
Depuis trois mois, les pêcheurs burundais ont repêché, du Lac du Rweru à la fronitère entre le Burundi et le Rwanda jusqu’à 49 cadavres ligotés à l’intérieur de sacs en plastiques.