AA/Desk/Esma Ben Said
La Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) va lancer des opérations militaires contre les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) qui n'ont pas respecté l'échéance du 2 janvier pour leur reddition, selon un communiqué des Nations-Unies dont Anadolu a reçu copie.
« Il n'y a pas eu de nouvelles redditions de combattants des FDLR enregistrées depuis les premières redditions en juin. La Mission de l'ONU travaille étroitement avec le gouvernement et les parties prenantes régionales et internationales pour répondre à cette situation », a indiqué le Porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, cité lundi soir dans le texte.
« L'armée congolaise jouera un rôle essentiel dans les opérations contre les FDLR. La Mission de l'Onu et l'armée congolaise ont développé un plan conjoint d'opérations militaires contre les FDLR », a précisé le porte-parole.
D'après Dujarric, les préparatifs ont déjà commencé et la MONUSCO a pré-positionné des troupes et des effectifs de soutien pour soutenir les opérations.
Les FDLR avaient une échéance de grâce de six mois accordée par la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) pour leur reddition et démobilisation complètes et inconditionnelles, à la date-butoir du 2 janvier.
Au cours d’une interview téléphonique avec Anadolu, la semaine passée, le porte-parole des combattants hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), La Forge Fils Bazeye, avait assuré ne pas comprendre pourquoi la communauté internationale « demande tout aux FDLR mais presque rien au régime de Kigali. »
Pour Fils Bazeye, il était en effet inconcevable d’attaquer un groupe ayant entamé un processus de désarmement volontaire.
« Nous avons déjà déposé nos armes et nous ne les reprendront plus » avait-il confié à Anadolu avant de poursuivre « Si la communauté internationale veut venir massacrer des personnes non armée, nous sommes prêt à mourir. »
Les FDLR sont un groupe armé composé essentiellement des membres de l’ethnie Hutu. Pendant le génocide rwandais de 1994, ils se sont refugiés en RDC, fuyant le progrès du Front Patriotique Rwandais, FPR, à prédominance Tutsi, dirigés par Paul Kagame, actuel président du Rwanda.
En mai 2014, les FDLR ont amorcé un processus de reddition volontaire après des menaces d’une attaque imminente de l’armée Congolaise appuyée par la Brigade d’intervention de l’ONU. Le conseil de sécurité et les pays de la sous région leur ont alors accordé 6 mois pour achever le processus mais à ce jour seul 300 combattants FDLR se sont rendus sur les 1500 que compterait la rébellion, dont 155 au cours des derniers jours.