AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Le groupe armé extrémiste Boko Haram a pris le contrôle de Bara, deuxième ville de l’Etat de Yobe à tomber aux mains des insurgés, après Buni Yade, ont rapporté, mercredi soir, des habitants.
« Hier, des éléments de Boko Haram se sont emparé sans peine de Bara, le siège du Conseil du gouvernement local de Gulani, personne n’a été blessé» a affirmé, l’Agence Anadolu (AA), Ndagi Abass, un habitant de Bara qui s’est enfui de la ville.
« Ils circulaient dans la ville avec bravache dans leurs nombreux véhicules Hilux vans. Maintenant ils occupent les bureaux du gouvernement local sans être inquiétés par qui que ce soit. Ils nous ont demandé de les rejoindre dans «l’œuvre de Dieu qu’ils accomplissent» en nous invitant à ne pas paniquer» a rapporté Abass à Anadolu, depuis la ville de Damaturu où il s’est réfugié en compagnie d’autres habitants de Bara.
Un employé du Conseil du gouvernement local de Gulani, Joseph Adamu, a confirmé la prise de la ville par Boko Haram.
« Bara est tombée aux mains des terroristes, qui armés de leurs kalachnikov AK-47, ont demandé aux habitants de les rejoindre. Nous avons compris qu’ils pourraient nous embarquer de force s’ils continuaient à recevoir des réponses négatives de la part des habitants. C’est pourquoi nous nous sommes enfuis » a expliqué Adamu.
Le Nigérian a ajouté que la plupart des régions de l’Etat avait été désertées «car il n’existe pas de garantie de sécurité dans aucun endroit là-bas ».
Buni Yade, une importante ville de Yobe, Etat du nord-est du Nigéria en bordure avec le Borno, est déjà tombée sous le contrôle de Boko Haram.
On ne sait cependant pas si les insurgés ont étendu le «califat islamique» aux deux villes nouvellement soumises.
Si le sort de la ville de Bama, au Borno, demeure incertain, tant que les combats entre armée et insurgés s’y poursuivent, les prises par Boko Haram de Gwoza, Damboa, Buni Yade et Madagali ont, par contre, été confirmées.
Dans une vidéo diffusée le 24 août, le chef de Boko Haram, Shekau, avait déclaré que son groupe avait formé un «califat islamique» dans la région du nord-est du Nigéria.
L’armée nigériane a, pour sa part, qualifié les déclarations de Boko Haram sur un «califat islamique» de « vides», affirmant qu’aucune partie du pays n’a été et ne sera cédée au groupe armé.
De nombreuses sources militaires ont cependant confié, sous couvert d’anonymat, que les membres de Boko Haram avaient bel et bien pris un «contrôle absolu» sur des zones de l’Etat du Borno.