AA/ Cotonou (Bénin)/ Allegresse Sasse
Les musulmans béninois prient, pendant leurs veillées ramadanesques, pour "un prompt rétablissement de la paix au Nigéria", sans doute gage d’un Bénin stable et prospère.
Pour eux, le climat politique et sécuritaire d’un grand voisin comme le pays de Muhammadu Buhari sans cesse secoué par les attaques de Boko Haram impacte significativement leur pays engagé dans la lutte contre la nébuleuse terroriste.
« Le Nigeria a traversé une période un peu sensible. Nous avons prié pour que les élections se passent dans la paix là-bas. Aujourd’hui encore nous prions pour qu'il s'impose face à Boko Haram, car quand ça chauffe là-bas, cela nous impacte directement», témoigne à Anadolu l’Islamologue Ahmed Roufaï, assistant de l’Imam de la mosquée centrale de Zongo, à Cotonou.
Le Bénin participe à la coalition régionale qui mène une offensive militaire contre le groupe armé nigérian dans le Bassin du Lac Tchad.
Nombreux dans les mosquées depuis le démarrage du mois du jeûne, ces Béninois hantés par un rendez-vous électoral dont les enjeux s’avèrent très importants ( Présidentielle de 2016) dans un climat régional peu stable, gardent les yeux rivés sur ce qui se passe au Nigéria et invoquent sagesse, patience et juste-mesure aux responsables et gérants des affaires de la commune pour épargner au Bénin, le bourbier burundais.
«Les élections constituent un devoir civique et une obligation religieuse pour tout musulman. Nous prions pour un scrutin apaisé et acceptable par tous les Béninois», affirme Roufaï.
Et d’ajouter: «Notre premier objectif, c’est de nous rapprocher de notre Seigneur. Puis, de prier pour un Bénin capable de se frayer un chemin sur la voix de la réussite. Tous les Imams s’attèlent à prêcher dans ce sens tous les vendredis dans les mosquées. Tout autant que les fidèles abondent sur la même avancée pendants les prières et les invocations nocturnes.»
Les fidèles multiplient, ce faisant, les actes de bienfaisance envers les démunis pour mieux se rapprocher de Dieu et faire valoir leurs invocations et attentes.
« C’est un mois de grâce et de bénédiction. Tout le monde espère obtenir cette grâce puisque le prophète dit que pendant le jeûne, chaque jour, il y a un certain nombre de musulmans que Dieu épargne de l’enfer», fait observer l’Imam adjoint.
«Notre plus grand espoir est le pardon du Seigneur pour notre prospérité, mais aussi pour une place dans le paradis. La prière des Trawih (prière surérogatoire de la nuit, ndlr) que le Prophète Mohamed a instituée, est pour se faire, bien suivie à Zongo»
«La Sunna (terme utilisé pour désigner la conduite et le rituel du prophète) préconise entre 13 et 14 racaât (unité de prière, ndlr) mais le Prophète nous dit que la porte est grandement ouverte. On peut le faire plus que cela», rappelle-t-il.
Les invocations des musulmans sont souvent émises lors de la prière des Tarawih, mais également lors de la prière du Tahajjud (prière qui se fait après avoir dormi la nuit, Tahajjud signifie il a laissé le sommeil, ndlr). Des prières qui connaissent une grande participation de la part des fidèles lors des dix derniers jours de ramadan.
D'après un récent recensement, il y a 24,4 % de musulmans au Bénin. Le reste de la population se compose de 42,8 % de chrétiens. Il existe aussi des religions traditionnelles comme le vaudou, qui compte 17,3 % d'adeptes. Le reste des habitants ne se rattachent à aucune religion.
Les musulmans béninois sont surtout présents dans le Nord et le Sud-Est du pays.