AA/ Ninive (Irak)/ Jamal Badrani
Des éléments du réseau de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont versé des salaires à des fonctionnaires de la ville de Mossoul, chef-lieu de la province de Ninive, dans le nord de l’Irak, qui échappe au contrôle de Bagdad, depuis le 10 juin dernier.
Dans des déclarations à Anadolu, des agents de la commune de Mossoul, qui ont préféré garder l’anonymat, ont confirmé «Des éléments armés de l’EIIL ont distribué les salaires des agents de la commune après avoir vérifié les documents officiels, notamment la carte de service ».
Les employés ont indiqué qu’ils ont reçu leurs salaires de l’un des commendemants du réseau ainsi qu’une attestation (de salaire) cachetée par l’EIIL.
Toutefois, le groupe armé n’a distribué que 60% des salaires habituels, procédant à une déduction de "quotes-parts relatives aux dépenses de la femme, de l’éducation ainsi que du transport public", selon les mêmes sources.
Le gouvernement irakien avait ordonné, la semaine dernière, la suspension des salaires des employés travaillant dans les zones agitées qui échappent au contrôle de l’Etat, soulignant que "ces mensualités seront épargnées jusqu’à la libération de ces zones".
Depuis le 10 juin dernier, des groupes armés conduits par l'EIIL se sont emparé de la ville de Mossoul dans la province irakienne de Ninive, après le retrait de l’armée. Le même scénario s’est répété dans plusieurs provinces, notamment, Diyala et Salaheddine.
Alors que les leaders sunnites considèrent ces mouvements comme une «révolution populaire sunnite contre le gouvernement sectaire (chiite)», les autorités les qualifient "d'attaques terroristes".