AA/ Tunis/ Desk
Avec la recrudescence des attaques du groupe armé Boko Haram, notamment les attentats kamikazes, de plus en plus perpétrées par des jeunes femmes, nombre de Gouvernements ont entrepris l'interdiction du port du Niqab.
Une décision qui reste, globalement, acceptée par les différentes communautés musulmanes, conscientes de l'intérêt suprême de cette lutte contre le terrorisme qui instrumentalise le Niqab.
« Nous avons accepté cette mesure parce que nous aussi nous tenons à la sécurité de notre pays et de nos concitoyens. Si on avait interdit aux musulmans d’aller prier dans les mosquées, de construire des mosquées, de lire le coran ou encore la formation des jeunes musulmans, nous n’aurions évidemment pas réagi de la même manière » avait expliqué, dans un entretien avec Anadolu, El Hadj Djibril Habdoulaye Bopaka, président du Conseil Supérieur Islamique du Congo, le premier pays à avoir procédé à cette interdiction.
Quoiqu'épargné par les violences de la nébuleuse armée, se concentrant surtout dans le Bassin du Lac Tchad, et notamment dans l'Extrême-Nord camerounais, le Congo Brazzaville a entrepris, le premier (fin avril dernier) cette interdiction.
Dans ce pays à majorité chrétienne (80%) mais avec une forte minorité musulmane, le Gouvernement a laissé toute latitude au Conseil Islamique pour sensibiliser la population à cette nouvelle mesure, justifiée par la prévenir tout acte de terrorisme.
Au Tchad, autre pays frontalier du Cameroun, la décision a été prise (dans le cadre d'un ensemble d'autres mesures sécuritaires) deux jours après un double-attentat suicide qui a visé la capitale tchadienne, le 15 juin.
Cette annonce a été faite par le Premier ministre tchadien, Kalzebeu Pahimi, devant les leaders religieux du pays convoqués au siège du gouvernement à N'Djamena.
"Tous les Tchadiens ainsi que les étrangers résidents au Tchad sont sommés de circuler, le visage découvert", a souligné le chef de gouvernement tchadien devant les leaders religieux.
Au Cameroun, alors que les attaques de Boko Haram s'intensifiaient dans la région de l'Extrême-Nord, frontalière du Nigéria, le gouverneur de la région, Midjiyawa Bakari a annoncé, vers la mi-juillet, l'interdiction du Niqab "pour des raisons de sécurité" dans la région.
Quelques jours plus tard, la région du Littoral lui emboîte le pas. Le Gouverneur Joseph Beti Assomo a, ainsi, justifié que l’interdiction du Niqab devrait limiter « l’infiltration de la secte djihadiste», dans la région du Littoral dont le chef-lieu est Douala, capitale économique du pays.
La suite donnée à ces événements semblent donner raisons aux autorités, puisque une série d'attaques kamikazes, survenue récemment à quelques jours d'intervalle, ont été perpétrées par des jeunes femmes niqabées, rendant ainsi la vérification de leur identité délicate.
En Guinée, le Président guinéen Alpha Condé a annoncé, la semaine dernière, une prochaine interdiction du port du Niqab sur le territoire guinéen, en vue de "mieux lutter contre le terrorisme."
Rejoignant, ainsi, le Cameroun et le Congo Brazzaville, Condé avait estimé que la plupart des attentats enregistrés dans les pays africains sont perpétrés par "des personnes qui se déguisent en noir".
"Ces personnes qui font du mal, qui se déguisent en noir pour perpétrer des attentats, détruisent les biens des autres au nom de l’Islam, alors que ce qu'ils font n'a rien à voir avec l'Islam. C’est pourquoi, je veux interdire ce port" de la Burka, a-t-il justifié.
Il a toutefois annoncé le lancement d'un débat national sur la question, en vue d'impliquer le plus grand nombre de Guinéens.
"Le débat national est important pour dire réellement si nous pouvons éviter ce qui s’est passé au Mali et au Nigeria, ce qu’il faut faire. Il ne faut pas avoir peur du débat. Car c’est ce qui peut permettre un pays d’avancer", explique-t-il.
Moins incisif est tout de même, le Gouvernement gabonais. Dans un communiqué rendu public le 14 juillet, le Ministre de l’Intérieur, Bertrand Mapangou, a imposé la sujétion de toute personne portant le Niqab à "une fouille intégrale à tous les points de contrôle de la police."
Une demi-mesure dans un pays où la Communauté musulmane ne dépasse guère les 10%, dont est issue, toutefois, le Président Ali Bongo.