AA/Kousseri(Cameroun)/ Pado Chemie
Depuis l’annonce par des sources non officielles, vendredi matin, de l’arrestation, mardi dernier, du chef local présumé de la secte islamiste Boko Haram, Abakar Ali alias « Moustatapha Ali », les populations de Kousseri, ville frontalière du Cameroun avec le Nigeria, rêvent déjà de la paix dans leurs quartiers.
« Depuis mardi 23 septembre, je suis heureux. On a arrêté le chef de Boko Haram qui semait la terreur à Kousseri. Je pensais que le jour de ma mort était proche car les éléments de Boko Hara effrayaient toute la ville et tuaient jeunes, enfants et adultes », a expliqué à Anadolu un boutiquier de la ville de Kousseri qui n’ pas souhaité être identifié.
« Kousseri sera peut-être comme avant sans coups de feu à tout heure», s’est réjoui pour sa part, Mouhamari, un étudiant en droit public à l’université de N’Gaoundéré.
« Depuis plus d’un an, on ne peut plus aller puiser de l’eau, aller au champ et n’importe où sans avoir peur. Les membres de Boko Haram sont sans pitié. J’espère qu’une fois leur chef arrêté, les autres vont s’enfuir loin de chez nous », espère Rabiatou, mère de quatre enfants.
« Si le chef est arrêté, les autres membres peuvent avoir peur et quitter notre ville (Kousseri). Nos enfants seront en paix et iront tranquillement à l’école », a indiqué à Anadolu, Adamou, propriétaire de bétail.
Adamou assure que son bétail composé de plus de 100 bœufs en 2012 ne compte plus qu’une vingtaine de bêtes aujourd’hui. « Je ne peux plus aller avec mon fils dans la brousse pour les nourrir. J’ai peur de trouver des membres de Boko Haram », poursuit-il.
Les autorités administratives de la ville, contactées par Anadolu, n’ont pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Néanmoins, d’après des sources non officielles, le chef présumé de Boko Haram dans la localité de Kousseri a été arrêté avec deux de ses compagnons, Mahamat Ali et Issiaka Garé, dans la nuit de lundi à mardi du 23 septembre 2014 mais l’information n’a été divulguée par des sources non officielles que vendredi.
Principalement basé au Nigéria où il est activement combattu par les forces armées nigérianes, le groupe Boko Haram tente depuis plusieurs mois de se créer une base arrière au Cameroun voisin.