AA/Bujumbura/ Jean Bosco
Un responsable local du parti burundais au pouvoir a été tué dans la nuit de mardi à mercredi par des individus armés non identifiés, a indiqué, mercredi, à Anadolu, le Commissaire régional de police, Anaclet Ndayibangutse.
M.Bigirimana, responsable du parti au pouvoir, Conseil National pour la Défense de la démocratie-forces pour la défense de la démocratie (Cndd-Fdd) et chef de zone dans la commune de Kibago, en province de Makamba (sud du Burundi), a été visé par balles alors qu’il était à son domicile dans la colline de Rubimba, a précisé la même source, notant que les assaillants, non encore identifiés, ont pris la fuite après avoir commis leur forfait.
Ce nouvel assassinat ciblé vient raviver le débat déjà enflammé autour de la série de meurtres et autres attentats qui ciblent depuis des semaines des acteurs politiques (aussi bien de l'opposition que du parti au pouvoir) et sécuritaires burundais.
Les auteurs de ces attentats et ses motifs sont toujours indéterminés, donnant libre cours à des accusations mutuelles: Le parti au pouvoir accusant l’opposition d’être derrière ces assassinats, fait que celle-ci nie estimant qu'il s’agit d’actes portant la signature du parti présidentiel Cndd-Fdd.
Interrogé par Anadolu, Marc Nahayo, un jeune militant du parti d'opposition, Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD) a déclaré, mercredi, "Nous craignons des représailles injustifiées, car en prétendant mener ses enquêtes, la police arrête, torture ou tue des innocents".
Le parti au pouvoir a accusé, mardi, l’opposition d’être derrière les assassinats ciblés enregistrés durant la dernière période au Burundi.
A quoi le Conseil national pour le respect de l’accord d’Arusha et la restauration d’un Etat de droit au Burundi(Cnared), a répliqué qu'il s'agit d'accustaion infondées et dépourvues de preuves.
Contacté par Anadolu, Jérémie Minani, porte parole du Cnared, exilé à Bruxelles, a souligné, mardi, "Ces accusations du CNDD-FDD sont absurdes et manquent de preuves pour les soutenir" et affirmé que"ces assassinats s'inscrivent dans le prolongement de la terreur dont fait usage le parti au pouvoir pour maintenir Pierre Nkurunziza au pouvoir".
Le Burundi a sombré, depuis le 25 avril 2015, date de l'annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat- jugé "inconstitutionnel" par l'opposition dans une grave crise politique et sécuritaire faite de manifestations ponctuées de violences et d'attaques armées perpétrées par des inconnus visant aussi bien les civils que les figures politiques du pays.
Zedi Feruzi, président du parti de l'opposition Union pour la Paix et la démocratie (Upd), le lieutenant Général Adolphe Nshimirimana et ses gardes du corps, le Colonel Jean Bikomagu et le porte parole de l'UPD, Patrice Gahungu, ont tous été tués par des individus non identifiés durant cette période.
Une attaque armée a visé, vendredi 11 septembre, un convoi du Général Major Prime Niyongabo, chef d’Etat-major de l’armée burundaise, faisant six morts et sept blessés.
La situation de trouble politique et sécuritaire qui prévaut depuis plus de cinq mois au Burundi s'est soldée par un lourd bilan de plus de 160 morts, selon un décompte établi par Anadolu d'après des sources policières, médicales et de la société civile, sans pour autant dissuader le président Nkurunziza de briguer un troisième mandat et d'être réélu le 21 juillet 2015.