AA / Le Caire / Saied Fethi
Un tribunal égyptien a condamné, lundi, 18 accusés dans l’affaire connue médiatiquement sous le nom « d’incitation de la chaine satellitaire al-Jazeera English contre l’Egypte » à des peines allant de 3 à 10 ans d’emprisonnement, selon des sources judiciaires.
La Cour pénale du Caire, siégeant à l’Institut des officiers de police à Tora (Sud du Caire) a condamné 11 accusés par contumace (dont 3 correspondants étrangers) à une peine d’emprisonnement de 10 ans, tandis que 7 autres accusés (dont un correspondant étranger détenu) présents à l’audience à une durée de 7 ans de détention.
La Cour a, par ailleurs, décidé d’acquitter deux autres prévenus, en l’occurrence Mohamed Beltaji et Ahmed Abdelhamid Abdelaziz, qui ne sont pas journalistes.
L’audience a été marquée par la présence d’envoyés et de délégués des ambassades de l’Australie, des Pays-Bas et de l’Angleterre, en signe de solidarité avec les accusés qui portent les nationalités de ces pays.
Etait également présent au procès Abdallah al-Shami, correspondant de la même chaîne en langue arabe, venu exprimer sa solidarité avec ses confrères après avoir été libéré la semaine écoulée, pour des raisons médicales, au terme de 10 mois de détention préventive, pour « affrontement des autorités au cours de la dispersion du sit-in de Rabiaa al-Adawiya en août dernier".
Le ministère public égyptien avait ordonné en décembre 2013 d’arrêter un réseau médiatique composé de 20 personnes (8 détenus et 12 en fuite) , dont 4 étrangers, un australien, deux britanniques et une hollandaise, parmi les correspondants de la chaine satellitaire qatarie en Egypte.
Les prévenus sont accusés de commettre « des crimes d’incitation contre l’Egypte » à travers « la fabrication d’extraits et d’informations mensongères et leur diffusion via la chaine qatarie », selon un communiqué rendu public par le Bureau du procureur général Hicham Baraket.
Les prévenus égyptiens (16 sur la totalité des 20 personnes) sont accusés d’appartenance à une organisation « terroriste » (Confrérie des Frères Musulmans) contrairement aux dispositions de la Loi.
Le ministère public a indiqué également que « les accusés ont pris domicile à un des luxueux hôtels du centre du Caire en tant que centre médiatique pour collecter la matière journalistique et l’instrumentaliser aux fins de produire des scènes montées de toute pièce afin de montrer les événements survenus dans le pays comme étant une guerre civile, prélude à la chute de l’Etat ».